Le prévenu a été mis en examen et écroué en 2024, mais le parquet de Grenoble a décidé de médiatiser l’affaire pour retrouver certaines des personnes mentionnées dans ses écrits, et d’éventuelles autres victimes.
Publié le 10/02/2026 11:44
Mis à jour le 10/02/2026 12:41
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Le palais de justice de Grenoble (Isère), le 22 novembre 2024. (BENOIT PAVAN / Hans Lucas)
Les faits auraient été commis dans neuf pays différents, notamment en Nouvelle-Calédonie. Un homme de 79 ans a été mis en examen et écroué en 2024 pour des viols et agressions sexuelles aggravés commis sur 89 mineurs entre 1967 et 2022, a annoncé mardi 10 février le procureur de Grenoble. Un appel à témoins a été lancé par le ministère public et la section de recherche de la gendarmerie, « pour permettre à d’éventuelles autres victimes de pouvoir se manifester », a expliqué le procureur, Etienne Manteaux, lors d’un point presse.

L’appel à témoins partagé par la gendarmerie de Grenoble le 10 février 2025. (GENDARMERIE NATIONALE)
Les témoins ou victimes sont appelés à contacter les enquêteurs via un numéro vert, le 0 800 20 01 42. L’appel à témoins est accompagné de sept photos montrant le mis en cause à différents moments des 55 ans sur lesquels s’étalent les faits dont il est accusé.
Au total, près de 150 personnes ont été entendues dans le cadre de l’enquête. Ces auditions ont permis aux enquêteurs d’identifier une quarantaine des 89 victimes. « La plupart ont déposé plainte. En revanche, peu se sont constituées parties civiles », précise le procureur. Les faits auraient été commis en Allemagne, en Suisse, au Maroc, au Niger, en Algérie, aux Philippines, en Inde, en Colombie et en Nouvelle-Calédonie, où il était éducateur, a détaillé le procureur, qui n’a pas mentionné de victimes dans l’Hexagone.
Le nombre de victimes a été établi à partir d’écrits compilés par le septuagénaire, Jacques Leveugle, « 15 tomes » dans lesquels il évoque des actes commis sur des mineurs âgés de 13 à 17 ans, a précisé le procureur. Ces textes ont été retrouvés sur une clé USB découverte par son neveu, qui se « questionnait sur la vie affective et sexuelle » de son oncle, a ajouté Etienne Manteaux.
Au cours de l’enquête, l’homme a aussi reconnu deux meurtres : celui de sa mère, alors atteinte d’un cancer en phase terminale, dans les années 1970, puis de sa tante, âgée de 92 ans, dans les années 1990. Il dit les avoir toutes deux étouffées à l’aide de coussins. Une enquête complémentaire a été ouverte sur ces faits.