« C’est une petite révolution, notamment pour les usagers de grande couronne », se félicite Olivier Binet, président de Karos, une entreprise récemment désignée par Île-de-France Mobilités (IDFM) pour exploiter son service de covoiturage. Même si la région était engagée depuis 2021 dans la promotion de ce type de déplacement en subventionnant des trajets, elle passe aujourd’hui à la vitesse supérieure en lançant son application « Covoit IDFM ». L’intérêt ? Centraliser l’ensemble des offres de covoiturage disponibles en Île-de-France.
« Auparavant, il fallait naviguer entre les différentes applications existantes pour espérer trouver un trajet adéquat. L’idée est de simplifier la démarche avec le versement direct des subventions », souligne Valérie Pécresse, présidente d’IDFM, lors d’un point presse ce mardi 10 février. Les personnes disposant d’un abonnement Navigo annuel, mensuel ou une carte Imagine R bénéficient de deux trajets offerts par jour. Ensuite, les covoitureurs doivent régler 50 centimes pour tout trajet de moins de 20 km, tout comme ceux n’ayant pas d’abonnement. La note est toutefois plafonnée à 1,50 euro. A l’inverse, le conducteur perçoit jusqu’à trois euros par déplacement et peut gagner jusqu’à 200 euros par mois maximum.
Avec cette politique tarifaire, l’objectif est double : convaincre les habitants des zones mal desservies par les transports en commun, contraints d’utiliser leur voiture pour rejoindre la gare la plus proche, mais aussi encourager ceux qui effectuent l’intégralité de leur trajet domicile-travail en voiture de se tourner vers le covoiturage. Car la voiture est toujours le premier mode motorisé utilisé à l’échelle de la région, avec une forte prépondérance en grande couronne. Pour les trajets domicile-travail, le taux d’occupation des véhicules, de 1,04 personne selon une étude de l’Institut Paris Région publiée en avril 2024, peut ainsi être optimisé. De quoi permettre de réduire les 16 millions de trajets et 250 kilomètres de bouchons enregistrés par jour sur les routes en Île-de-France.
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Pour inciter les Franciliens à opter pour le covoiturage, et ainsi désengorger les routes, « 10 millions d’euros » sont investis par an pour développer cette pratique, précise Valérie Pécresse. IDFM compte d’ailleurs sur les entreprises pour mettre en avant ce type de déplacement, alors que 400 sociétés et campus se sont déjà engagés à promouvoir le covoiturage.
Depuis le lancement de l’application le 1er décembre 2025, 380 000 trajets ont été réalisés avec un parcours moyen de 21 km. « Notre objectif est d’atteindre 100 000 déplacements par semaine », assure Olivier Binet. A noter que l’Île-de-France n’est pas la seule région à subventionner le covoiturage. L’Occitanie propose une aide financière quasi-identique. A l’inverse, la région Pays de la Loire a stoppé ce coup de pouce en 2025 pour des raisons budgétaires. Une étude du Cerema publiée en 2023 avait pourtant souligné « l’efficacité » d’un tel dispositif qui a permis de « doper » le covoiturage.