Désormais ancrés dans notre société, les réseaux sociaux ont permis à qui le souhaite de s’exprimer publiquement sur Internet. De quoi permettre l’émergence d’un nouveau métier : influenceur. Qui sont ces créateurs de contenus et comment vivent-ils ?
« On s’imagine un peu la culture du vide, le jeune dans sa chambre. Mais en réalité, la diversité des sujets qui sont traités sur les réseaux en fait des experts », décrit Bénédicte de Kersauson, déléguée générale de l’UMICC, premier syndicat d’influenceurs en France, « pour essayer de défendre un secteur hyper décrié et qui est l’objet de plein de critiques et clichés ».
Squeezie, Tibo InShape ou Lena Situations, sont les têtes d’affiche des 150 000 influenceurs en France. À eux quatre, ils représentent des millions d’abonnés sur chaque plateforme. Mais derrière eux, 20 % de ces créateurs de contenu ne touchent aucun revenu.
Un profil plus féminin
Le profil type de l’influenceur est d’abord une femme (70 %), âgée de 25 à 42 ans (68 %) et elle utilise en grande majorité Instagram, TikTok ou YouTube. « Dans ces 150 000 influenceurs, tous n’ont pas des millions de fans, contrairement aux idées reçues. En réalité, 84 % ont des audiences en dessous de 250 000. Ce qu’on appelle de la micro ou moyenne influence », décrit Bénédicte de Kersauson. Et en grande majorité selon elle, ils se lancent pour parler d’une passion ou d’un sujet qui leur tient à cœur.
Parmi eux, la Montpelliéraine Justine, justinaccessible sur les réseaux sociaux où elle cumule plus de 700 000 abonnés sur TikTok et plus de 500 000 sur Instagram. Elle évoque avec humour les sujets liés à la confiance en soi et l’acceptation de son corps et a suivi ce schéma. « Pendant le confinement, j’ai commencé à publier des vidéos. Certaines assez légères, d’autres avec des sujets qui me tenaient un peu plus à cœur. Et petit à petit, elles ont attiré une audience ». La jeune femme a lâché son travail pour se lancer pleinement dans l’influence et vit aujourd’hui de son contenu.

Justine vit aujourd’hui de son activité sur les réseaux.
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« Au début on travaille gratuitement »
C’est lorsque les marques financent des publications que les influenceurs peuvent espérer en vivre. « Une fois que je fais mes contenus, que je trouve mon audience et une communauté qui grossit, je commence à intéresser. », explique la déléguée générale du syndicat.
Tout est scruté par les entreprises qui donnent leur accord avant publication. Certaines avec plus ou moins de liberté laissée au créateur de contenu. « Au début on travaille gratuitement, on accepte de recevoir des produits contre la réalisation de contenu. On apprend qu’untel a eu 500 euros pour cette vidéo, ou 1 000 euros pour celle-ci. Petit à petit, on s’ajuste », explique Justine sur ses débuts.
Un métier avec des perspectives d’avenir ?
En plus de l’argent généré par les contenus sponsorisés, les influenceurs gagnent aussi des rémunérations liées aux réseaux sociaux eux-mêmes. « Il n’y a aucune raison que les créateurs ne profitent pas de ce qu’ils ramènent aux plateformes. C’est quoi le retour sur investissement pour eux ? Aujourd’hui, il est très faible », résume l’UMICC. L’un des défis du syndicat est la création d’un système de partage de valeur afin que les influenceurs puissent profiter au mieux des bénéfices de leur travail.
Reste qu’en 2026, le gouvernement souhaite l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, TikTok est sans cesse décrié. Alors est-ce un métier pour lequel il est nécessaire de légiférer ? « Je pense qu’on est bien encadrés, bien imposés, en tout cas, si on reste dans le cadre et dans les lois… », explique Justine, bien qu’elle soit pour un encadrement pour les plus jeunes. Son compte Instagram est notamment restreint pour les utilisateurs de moins de 16 ans estimant que son contenu est destiné à « des gens avertis ».
Pour autant, influenceur est un métier qui ne risque pas de disparaître. « Il y a un écosystème entier qui s’est construit, des business, des agences. Aujourd’hui, les marques allouent des budgets faramineux à la publicité sur les réseaux sociaux, que ce soit via les influenceurs ou même sur des sponsorisations », décrit l’influenceuse qui a choisi un « métier dans lequel elle s’épanouit ».