Plus de 150 salariés des énergies renouvelables se sont mobilisés, mardi 10 février, devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, pour dénoncer l’absence de cap politique clair et le retard de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Ils dénoncent l’absence d’un cap politique clair. Plus de 150 salariés du monde des énergies renouvelables se sont mobilisés, ce mardi 10 février, devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier. Ils craignent une baisse des « énergies vertes ». « On est là pour dénoncer la politique pluriannuelle de l’énergie (PPE), qu’on attend depuis plus de deux ans et qui met en péril la filière, puisque les objectifs de développement des énergies renouvelables sur le territoire français découlent de ça », clame Éric Hoinville, salarié à Q Energy et représentant du syndicat Unsa (Union nationale des syndicats autonomes). La PPE est une feuille de route définissant la stratégie d’un pays en matière de politique énergétique.
Conséquence de cette attente : le volume de mégawatts des « énergies propres » n’évolue pas. Ce dernier détermine le nombre de panneaux solaires et d’éoliennes qui peuvent être construits. « Si les volumes sont réduits, ça va forcément limiter le développement et les emplois », alerte le syndicat. « On exige une véritable stratégie industrielle permettant de préserver et de créer des emplois durables sur l’ensemble du territoire », renchérit Adrien Valenzuela, également salarié de Q Energy.
« On a besoin d’énergies renouvelables »
Pour Julia Mignacca, sur la liste de Nathalie Oziol (LFI) en vue des municipales et responsable chez Voltalia, entreprise du secteur, les énergies renouvelables ne sont pas la priorité du gouvernement. « On parle de souveraineté énergétique, c’est primordial quand même pour la France. Ils parlent de la relance du nucléaire, on oppose les énergies entre elles, c’est une aberration. Si on relance le nucléaire aujourd’hui, ça ne sortira pas de terre avant 20 ans. Quoi qu’il arrive, on a besoin d’énergies renouvelables. »
La filière représente aujourd’hui près de 118 000 emplois en France et une place majeure à Montpellier, où il rassemble près de 4 000 personnes, d’après le maire Michaël Delafosse, venu en soutien. « Il faut que notre mix énergétique fasse une part importante aux énergies renouvelables. La PPE, ça fait plusieurs années qu’on l’attend. À Montpellier, on a Engie Green, EDF Renouvelables, Q Energy, et beaucoup de start-up. Il faut être attentif aussi à l’emploi dans la métropole », dit-il. « Beaucoup de développeurs et d’entreprises travaillent dans la région et Montpellier accueille chaque année un salon important, Energaia », ajoute Éric Hoinville.
De son côté, Tom, du syndicat Sud Énergie, dénonce un problème systémique. Selon lui, la crise actuelle met en lumière les limites d’un modèle énergétique fondé sur le marché et la concurrence, dont l’instabilité se répercute directement sur les salariés. « Cette organisation profite surtout aux investisseurs et ne répond pas aux enjeux sociaux », estime-t-il, appelant à repenser le fonctionnement de la filière.