Le phénomène naturel, qui apparaît chaque hiver, semble particulièrement accru cette année sur les plages de Châtelaillon-Plage. Une force de la houle énergétique, qui n’avait pas été observée depuis 2013.
Ces dernières semaines, poussées par la houle, des milliers de coquilles d’huîtres et d’autres crustacés se sont déposés sur les plages des pertuis charentais. Leur ensemble forme un revêtement blanc, qui craque et qui crisse sous les pieds. Il recouvre l’essentiel de la plage, longue de trois kilomètres. «Le phénomène est particulièrement dense cette année. J’ai 66 ans et je suis né à Châtelaillon-Plage, c’est du jamais vu», assure Stéphane Villain (divers droite), le maire de la commune au Figaro. L’édile et ses administrés sont pourtant habitués à retrouver des coquilles d’huîtres sur la jetée, rejetés par les parcs à huîtres cultivés dans la baie.
Selon Éric Chaumillon, chercheur au CNRS et professeur à l’Université de la Rochelle, cet hiver pourrait déclasser celui de 2013, qui avait permis d’observer la houle énergétique la plus importante depuis 1945. «Il faudra attendre que l’hiver se termine, en mars, pour tirer des conclusions. Mais depuis la mi-janvier, les vagues sont très fortes au large, presque tous les jours. Nous mesurons des hauteurs significatives de l’ordre de quatre mètres ou plus et des maximales entre sept et dix mètres toutes les demi-heures», explique l’expert.
Une puissance de la mer, qui amplifie le phénomène naturel de ressac qui déverse des coquilles sur la mer. «Quand la marée est haute, le niveau ne bouge plus pendant une ou deux heures, cela concentre leur déferlement sur le trait de côte. Le sable et les coquilles en suspension dans l’eau se déposent quand la mer se retire», décrit Éric Chaumillon. Le chercheur, détaille ce mécanisme scientifique dans les livres Hé…La mer monte ! et La mer contre-attaque !, qu’il a coécrit.
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Érosion côtière
Le reflux de coquilles par la mer en hiver est un phénomène naturel, qui s’avère utile : les coquilles retiennent le sable et aident naturellement à réduire l’érosion côtière. Dans la baie du Mont Saint-Michel par exemple, elles forment désormais des cheniers qui surlignent le trait de côte. Sur les plages familiales de Châtelaillon-Plage, les coquilles sont retirées chaque année. Une opération, pris en compte dans le budget global de 80.000 euros dédié à l’entretien du littoral.
«Châtelaillon est une plage artificielle, reconstruite dans les années 1990 pour défendre la côte car elle casse la houle. En revanche, elle ne subit pas l’érosion donc il n’y a pas d’effets bénéfiques à conserver les coquilles huîtres», explique le maire. Sur la plage très fréquentée, coquillages et crustacés sont donc écrémés dès la fin février pour que les touristes puissent profiter du sable chaud sous leurs serviettes.
À Châtelaillon-Plage, les coquillages vides déversés par la houle durant l’hiver sont ramassés chaque année.
Jean-Marc Taveau / Mairie de Châtelaillon-Plage