Avant de rejoindre Cardiff, où l’attend un XV gallois en crise, l’entraîneur en charge de l’attaque Patrick Arlettaz évoque les possibles rotations au milieu de terrain tricolore et le chantier offensif de son équipe.
Pouvez-vous nous donner des nouvelles de Yoram Moefana et Nicolas Depoortere, qui n’ont pas pris part à l’entraînement ce mardi ?
Yoram a pris un petit coup sur le genou pendant le match contre l’Irlande, c’est pour ça qu’on l’a fait sortir. Il est ménagé. Nicolas a ressenti des courbatures pendant la muscu. Il va passer des examens cet après-midi, mais il semblerait que ce ne soit pas rédhibitoire pour le match. Il n’y a rien pour l’instant qui nous alarme. Ce n’est pas bien grave. Pour l’instant, aucune décision n’a été précise. On les ménage seulement. C’est un match qui a laissé des traces pour à peu près tout le monde, et eux notamment. Ils ont besoin de récupérer un peu plus.
Prendrez-vous moins de risques avec les Bordelais, puisque c’est le pays de Galles et non un gros adversaire comme l’Écosse ou l’Angleterre ?
Les matchs internationaux, ça nécessite tout le temps d’avoir toutes ses armes car on sait à quel point c’est difficile. […] Il faut des joueurs aptes et à 100 %. Voilà, c’est tout. Rien à voir avec le fait d’aller à Cardiff. Et on se méfie beaucoup de cette équipe jeune, enthousiaste, qui insuffle des séquences de jeu très longues et qui peut vraiment nous embêter.
Ils traversent une crise sans précédent, néanmoins.
Leurs résultats sont difficiles, c’est vrai. Mais il faut peu à une équipe pour basculer du bon côté. Une action, un match référence… On s’intéresse à nous, à ce qu’on veut faire, à quel niveau on veut présenter là-bas. Notre performance, on peut la maîtriser.
Les joueurs ont-ils fait pencher la balance pour que l’équipe de France produise plus de jeu, après la tournée d’automne ?
En novembre, je l’ai déjà dit, ce n’était pas pleinement le visage qu’on voulait montrer. Il y a une vraie harmonie entre la volonté du staff et la volonté des joueurs. Peut-être qu’à un moment les joueurs voudront aller encore plus loin et que nous ne serons pas d’accord mais, pour l’instant, je nous trouve assez main dans la main par rapport à nos ambitions. […] Face à l’Irlande, on est très contents du match qu’ils ont fait, ils sont très contents du match qu’ils ont fait. Et je crois que vous êtes très contents aussi du match qu’ils ont fait, non ? Tout le monde est très content, c’est impeccable. Il faut que ça dure.
Y a-t-il de votre part une volonté de laisser un petit peu plus de liberté ?
Mais il n’y a jamais eu… (Il se reprend) Il faut les conditions pour pouvoir prendre des initiatives. Donc ils ont pris des initiatives à l’intérieur d’un cadre de jeu qui n’a pas évolué, mais qui a été beaucoup mieux utilisé, notamment sur les premiers temps et notre capacité à étirer cette défense d’Irlande pour aller toucher les bonnes zones où leur talent s’exprime. Mais notre cadre de jeu est le même qu’au dernier Tournoi. Bien sûr, il y a toujours des évolutions, mais on croirait que c’est nouveau. Ça ne l’est pas. Ce qui l’est, c’est la charnière à trois, on va dire, c’est la mode et c’est une réalité.
Face aux Irlandais, on a l’impression que vous avez plus joué dans le désordre qu’auparavant. Se trompe-t-on ?
Il y a le désordre dont on profite, sur un ballon de récupération par exemple, et il y a le désordre que l’on crée. J’ai toujours été partisan de ça. Notre façon de jouer, notre système, notre cadre, doivent créer le désordre. Ou, du moins du déséquilibre. Mais, je ne vous le cache pas, je ne suis pas pleinement satisfait de nos lancements de jeu contre l’Irlande, jeudi. En tout cas, de leur efficacité. Je le dis en étant très à l’aise. On avait dix jours de travail, il y avait un gros boulot à faire sur la défense, la conquête, le jeu… On a donc un tout petit peu moins travaillé les lancements de jeu. On les travaille davantage cette semaine pour le pays de Galles. S’ils sont toujours insatisfaisants, ça sera plus embêtant…
Comment se motiver avant Galles ?
Je ne me suis pas posé la question, sincèrement. C’est grave si c’est le cas. Si on prend ce déplacement par-dessus la jambe, ça frôle la faute professionnelle. Je ne peux pas l’imaginer un seul instant.
Vous disposez de la paire de centres de l’UBB, de celle de Pau. Pouvez-vous les mélanger ou préférez-vous profiter de leurs automatismes en club ?
Je suis un rouquin de Perpignan donc j’aime les mélanges (rires). Plus sérieusement, c’est vrai que ça nous fait gagner du temps quand ce sont des associations de centres qui jouent déjà ensemble en club. On va peut-être avoir l’opportunité de lancer la paire de Pau après celle de Bordeaux.
Thomas Ramos est le patron sur le terrain, où on le voit souvent parler. Quelle est sa dimension dans le groupe France ?
Thomas est très important, évidemment. Il a cette hauteur pour analyser les situations de jeu. Il est donc dans une aide collective tout le temps. Le danger, c’est d’oublier parfois de jouer. Mais lui n’oublie pas. Donc, pour l’instant, c’est plutôt chouette. Thomas est précieux mais il y en a beaucoup qui sont précieux. Yoram Moefana parle beaucoup moins, ça ne veut pas dire qu’il ne nous est pas indispensable…
Pouvez-vous nous présenter Fabien Brau-Boirie ?
Ça fait un an et demi qu’il est très, très bon et on l’a pris avec nous dès la fin du Tournoi des 6 nations l’année dernière. Il avait été retenu pour la tournée d’été, mais il a dû renoncer pour une entorse de la cheville. Il a un talent un peu à la Jauzion, sobre et très efficace. Il sait faire jouer autour de lui, avoir des axes de course toujours très purs. C’est un joueur intéressant qu’on suit et qu’on trouve très performant. Il y a beaucoup de centres très bons en ce moment, qui attendent leur heure.