
Info locale
À Strasbourg, le secteur Gare-Laiterie, au niveau de la Semencerie, s’apprête à accueillir une nouvelle Maison urbaine de santé (MUS). Médecins généralistes, infirmiers/ères, kinés, clinique dentaire et orthophonistes devraient s’y installer dans les prochaines années, une « réponse stratégique » pour l’avenir du quartier qui présente des risques de devenir un désert médical.
Alors qu’à Strasbourg, trois quartiers sont considérés comme des « déserts médicaux », l’Eurométropole continue de déployer ses projets pour amener les professionnel(le)s de santé au plus près des habitant(e)s. Depuis 2023, cinq Maisons urbaines de santé sont en activité sur le territoire, tandis que trois autres projets sont en cours. Il y a notamment une Maison urbaine de santé (MUS) au Port du Rhin qui sera inaugurée au 1er trimestre 2026, un centre de santé à Cronenbourg en 2027 et une future MUS à Koenigshoffen.
L’intérêt de ces structures est de permettre de réunir différent(e)s professionnel(le)s de santé au même endroit et de mieux coordonner l’accès au soin pour les habitant(e)s. Et ce 6 février, un nouveau projet de Maison urbaine de santé a été mis sur les rails par l’Eurométropole ; cette fois-ci dans le secteur Gare-Laiterie, au niveau du square Semencerie, entre les rues de Rothau et du Ban-de-la-Roche.
© Nicolas Kaspar / Pokaa
C’est quoi le projet ?
Tel que présenté par l’Eurométropole, le projet contient la mise à disposition d’un terrain via la conclusion d’un bail emphytéotique avec la Locusem. Il prévoit la construction d’un bâtiment de quatre étages et d’une surface de plancher de 841 m², avec plusieurs types de professionnel(le)s de santé. Dans le détail :
- 8 bureaux pour des médecins généralistes,
- 5 bureaux pour des orthophonistes,
- un local pour les infirmiers et infirmières,
- un espace kiné de 100 m²,
- une clinique dentaire.
Cette Maison urbaine de santé sera louée par la Locusem à une Société interprofessionnelle de soins ambulatoires (SISA) regroupant les différent(e)s professionnel(le)s de santé. Le tout, pour un investissement prévisionnel de 2 673 000 € hors taxes. Quant à la date de construction, rien n’a pour le moment filtré.
© Nicolas Kaspar / Pokaa
Pourquoi le secteur Gare-Laiterie ?
Cette nouvelle Maison urbaine de santé va s’implanter dans le secteur Gare-Laiterie, au niveau du square Semencerie entre les rues de Rothau et du Ban-de-la-Roche. Le projet compte s’intégrer dans une réflexion sur l’évolution du quartier de la Laiterie, avec notamment un nouveau plan de circulation et de piétonnisation, ainsi que l’arrivée des nouvelles salles de concerts. Il est par ailleurs prévu que le projet augmente la végétalisation du secteur, en continuité avec le parc du Glacis.
Surtout, cette future Maison urbaine de santé répond à un besoin impérieux d’accès aux soins dans le quartier. S’il n’était pas considéré comme un désert médical en 2022, Alexandre Feltz, adjoint à la santé, avait prédit qu’il deviendrait un secteur « en tension » d’ici 2/3 ans. On y est, et le secteur manque d’une offre de soins satisfaisante ; c’est pourquoi le futur projet de la MUS sur le square de la Semencerie est important pour les habitant(e)s.
De quoi ont parlé les débats au conseil de l’Eurométropole ?
C’est en substance le message qui a été porté lors des débats sur la délibération le 6 février lors du dernier conseil de l’Eurométropole du mandat de Pia Imbs. Pour la petite anecdote, ce point restera dans l’histoire comme le dernier à avoir été débattu lors de cette mandature.
Relativement consensuel, il a permis à Yasmina Chadli (Communistes) de se féliciter d’un « engagement indispensable de l’EMS en faveur de l’accès aux soins dans les quartiers populaires, dans lesquels se concentrent les inégalités sociales et sanitaires ». Ceci, bien qu’« elles ne remplaceront jamais des urgences et des services hospitaliers dotés de moyens humains et financiers nécessaires ».
Ce projet permet de lutter contre une injustice sociale absolument inacceptable qui consiste à voir les gens les plus modestes vivre 10 ans de moins que les gens des classes plus privilégiées.
Françoise Schaetzel, vice-présidente de l’Eurométropole, notamment en charge de la santé environnementale
Dans la même veine, Françoise Schaetzel, vice-présidente notamment chargée de la santé environnementale, se félicite d’une « implantation stratégique car le quartier va fortement évoluer » et d’une « réponse pertinente aux besoins des professionnel(le)s de santé ».
Surtout, comme Yasmina Chadli, elle évoque un point de vigilance : « Le dernier budget de l’État supprime des financements de fonctionnement aux Maisons urbaines de santé ; c’est inacceptable d’accepter que les habitants n’aient plus accès aux soins. » La délibération a finalement été adoptée à l’unanimité.
© Nicolas Kaspar / Pokaa