l’essentiel
Détenu à l’isolement depuis le 18 juin 2021, à la maison d’arrêt de Seysses, Cédric Jubillar, par le biais de son avocat, Me Pierre Debuisson, dénonce un traitement « indigne ». Contactée par La Dépêche du Midi, l’administration pénitentiaire apporte des explications sur le régime carcéral du détenu. Sur décision du garde des Sceaux, Cédric Jubillar est maintenu à l’isolement jusqu’au 18 mars 2026.
Dans trois courriers envoyés fin janvier 2026 à l’institution judiciaire dont un au directeur de la maison d’arrêt de Seysses, l’avocat toulousain de Cédric Jubillar s’indigne des conditions de détention de son client. Cédric Jubillar est en effet détenu au quartier isolement depuis le 18 juin 2021. « Il est détenu dans des conditions indignes, et son placement à l’isolement, sans aucune justification, constitue une atteinte extrêmement grave à ses droits et génère une importante dégradation de son état de santé mental et physique », tempête, Me Pierre Debuisson. L’avocat dénonce des fouilles répétées et une lumière incessante générant « une absence de sommeil ».

Cédric Jubillar, lors de son procès à Albi.
DDM – EMILIE CAYRE
Des conditions qui, selon l’avocat, ne lui permettent pas de préparer dans de bonnes conditions le prochain procès en appel, prévu fin 2026, à Toulouse. Un procès qu’il menace d’ailleurs de boycotter si le régime carcéral de son client n’évolue pas.
« Garantir sa sécurité »
De son côté, l’administration pénitentiaire que nous avons contactée, apporte des précisions sur les conditions de détention de Cédric Jubillar. « L’administration pénitentiaire met tout en œuvre pour prendre en charge les détenus dans des conditions permettant de garantir, à la fois, leur sécurité et celle des établissements pénitentiaires dans lesquels ils sont affectés, mais aussi la dignité et le respect des personnes. Ces règles s’appliquent également à M. Jubillar ».
Sur le placement à l’isolement du peintre plaquiste de 38 ans, l’administration affirme : « Depuis le début de son incarcération, M. Jubillar fait l’objet d’un placement à l’isolement sur décision de l’administration. Ce placement à l’isolement apparaît comme l’unique moyen de garantir la sécurité et l’intégrité de M. Jubillar au sein de l’établissement, ce dernier ayant fait l’objet de menaces sérieuses et circonstanciées, compte tenu de la très forte médiatisation de son affaire. La structure de l’établissement ne permet pas d’envisager une gestion individualisée et sécurisée de M. Jubillar dans un autre quartier qu’au quartier d’isolement ».
« Soumis au même régime de fouilles intégrales »
Sur les lumières qui affecteraient le sommeil du détenu, « une veilleuse est utilisée lors de rondes de sécurité par les agents, selon un usage classique et dans le respect des pratiques habituelles ». L’administration ajoute : « Il n’y a donc aucun dispositif particulier d’éclairage dévolu à M. Jubillar. » Par ailleurs, s’agissant des fouilles intégrales, « M. Jubillar est soumis à un régime de fouille ordinaire, comme toute personne détenue ».
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Enfin, Pierre Debuisson affirme qu’une conversation avec son client aurait fait l’objet d’une écoute de la part d’un surveillant, à la maison d’arrêt de Seysses, lors d’une visite de l’avocat.

Me Pierre Debuisson, l’avocat de Cédric Jubillar.
DDM – LAURENT DARD
« L’administration pénitentiaire garantit la confidentialité des échanges entre les personnes détenues et leur avocat. Les parloirs avocats ne sont aucunement équipés de dispositifs d’écoute. Ces échanges se tiennent dans des box fermés et il n’est techniquement pas possible d’en avoir un retour audio. Cette confidentialité ne saurait donc être remise en cause que ce soit par la structure de l’établissement ou par les pratiques professionnelles des personnels de l’établissement ». Sur ces faits, l’avocat de Cédric Jubillar fait savoir qu’il pourrait déposer une plainte et aviser le garde des Sceaux.
Jusqu’au 18 mars 2026
Dans un communiqué commun, le procureur général de la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet et la première présidente, Chantal Ferreira, rappellent les faits suivants : « En vertu des dispositions des articles R.213-17 et suivants du code de procédure pénale, la décision de maintien à l’isolement d’un détenu au-delà d’un an, comme c’est le cas de Monsieur Jubillar à l’isolement depuis son incarcération le 18 juin 2021, relève de la compétence du garde des Sceaux, prise sur rapport motivé du directeur interrégional des services pénitentiaires saisi par le chef d’établissement. L’isolement ne peut être prolongé au-delà de deux ans, sauf, à titre exceptionnel, si le placement à l’isolement constitue l’unique moyen d’assurer la sécurité de la personne détenue. Par décision du garde des Sceaux, en date du 11 décembre 2025, Monsieur Cédric Jubillar a été maintenu à l’isolement pour une durée de trois mois, jusqu’au 18 mars 2026 ».