Cette année, le coup d’envoi du carnaval de Bâle, classé au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, sera donné lundi 23 février à 4 heures du matin par le fascinant défilé de lanternes du Morgestraich. Les Alsaciens qui projettent de prendre part à ce moment magique ne pourront cette fois-ci plus monter à bord des deux TER habituellement mis en circulation pour l’occasion, avec des départs spécifiques de Strasbourg à 1 h 40 et de Mulhouse à 2 h 20 : pour la première fois depuis 25 ans, ces deux trains spéciaux à destination de Bâle, qui faisaient l’objet d’un tarif forfaitaire incluant le trajet retour dans le TER de son choix (12 euros en 2025 au départ de Strasbourg), ne figurent pas au plan de circulation de la SNCF.
La Région Grand Est, autorité organisatrice des TER, qui finançait jusqu’à présent ces trains, met en avant « un contexte budgétaire extrêmement difficile » pour justifier cette mesure d’économie. Selon la direction des mobilités de la Région, « aucune décision n’a toutefois été arrêtée concernant l’interruption de ces trains spéciaux les années suivantes ».
Nouveau devis attendu ce mardi
Cette décision fait réagir la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) du Grand Est ainsi que l’Association des usagers du train (Aut) Sud Alsace, qui la jugent toutes deux « incompréhensible ». « Nous comprenons les raisons budgétaires mais, en l’absence de données transparentes, cette décision nous agace car les arguments qui plaident pour le maintien de ces trains spécieux sont nombreux. Ils transportaient chaque fois beaucoup de monde, jusqu’à un millier les meilleures années. Ils favorisaient également les mobilités durables en évitant les soucis de circulation et de stationnement à Bâle », confie André Lott, président de la Fnaut Grand Est, qui suggère à la collectivité d’augmenter les forfaits pour assurer leur maintien.
« Le Morgestraich est un symbole fort de la culture rhénane partagée. Faciliter l’accès à cet événement relève d’une politique de mobilité cohérente qui répond aux attentes des citoyens », estime Florent Manrique, président de l’Aut Sud Alsace qui demande à la Région de reconsidérer sa position. Ce que n’excluait pas ce lundi soir Thibaud Philipps, vice-président de la Région en charge des mobilités : « La SNCF doit nous faire parvenir un nouveau devis ce mardi pour ces deux trains spéciaux. Si le coût est supportable pour la collectivité on pourrait les remettre en circulation », a-t-il expliqué.