Derrière la série Les Lionnes, disponible sur
Netflix depuis le 5 février 2026, se cache avant tout une
histoire vraie longtemps restée dans l’ombre.
Si la fiction attire aujourd’hui l’attention, c’est surtout parce
qu’elle remet en lumière un fait divers marquant du début des
années 90. Celui du
Gang des Amazones, un groupe de femmes qui a défié les codes du
grand banditisme… et ceux de la société.
À l’époque, leur parcours avait surpris policiers, magistrats et
médias. Non pas par l’ampleur des sommes volées, mais par le profil
de ces braqueuses, leur organisation et surtout
les raisons qui les ont poussées à franchir la ligne rouge. Une
histoire sociale avant d’être criminelle.
Le Gang des Amazones : cinq femmes,
une même détresse
Mais quelle est donc l’histoire qui a inspiré
la série Les Lionnes sur Netflix ? Entre 1989
et 1991, cinq femmes originaires du Vaucluse, Hélène, Laurence,
Carole, Fatija et sa sœur Malika, commettent une série de braquages
dans la région d’Avignon. Leur particularité ? Elles se
déguisent en hommes, portent des perruques, des
fausses moustaches et opèrent sans armes chargées. Selon Le
Parisien, six banques et une agence d’intérim sont dévalisées
pour un butin estimé à 300 000 francs.
Toutes viennent de milieux précaires. Mères
pour la plupart, sans stabilité professionnelle, elles expliquent
avoir agi pour survivre. ‘‘On habitait dans une ville où c’est
que pour les riches. Nos parents ne nous aidaient pas. On avait
travaillé dans des champs, dans des usines. Et on n’avait toujours
rien.’’ confiait Katy Maamar dans Le Parisien.
‘‘On s’est dit : ‘On va prendre l’argent là où il
est’.”
Des braquages à l’arrestation, puis le
silence : une histoire adaptée dans Les Lionnes
(Netflix)
Leur cavale prend fin en 1991. Arrêtées sans violence, les
membres du Gang des Amazones sont incarcérées quelques mois puis
jugées plusieurs années plus tard. En 1996, elles écopent de
peines courtes avec sursis. Cela leur permet de
quitter libres le tribunal. Une issue judiciaire relativement
clémente qui surprend à l’époque. Mais elle s’explique par
l’absence d’armes chargées et de blessés.
Avec le recul, certaines ont livré un témoignage poignant.
‘‘Les braquages, ce n’était pas une partie de
plaisir. On a eu peur. Et on a fait peur à des gens
aussi.’’ reconnaissait Katy Maamar au Parisien.
Hélène Trinidad évoquait un engrenage. ‘‘On ne vient pas au
monde en se disant qu’on va braquer des banques. On était
désespérées.’’ Après cette période, les anciennes
braqueuses sont restées dans leur région pour enchaîner des petits
boulots et emplois précaires. ‘‘Je n’ai jamais eu de
CDI de ma vie.’’ confiait encore Katy Maamar.
Aujourd’hui, si Les Lionnes remet leur histoire sur le
devant de la scène, c’est surtout ce fait divers social, brutal et
humain, qui continue d’interroger : jusqu’où peut-on aller quand le
système ne laisse aucune issue ?