Quand la température descend en dessous de – 15 °C à l’extérieur, elle frôle le zéro dans certaines serres du jardin botanique national Hrychko, à Kiev. À l’intérieur, au milieu des palmiers et des cactus venus de climats bien plus cléments, des feuilles pendent mollement, jaunies par le froid. Depuis le début des frappes russes massives contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes à la fin de l’année 2025, les serres de ce site scientifique abritant des espèces tropicales subissent coupure après coupure, alors que l’hiver bat son plein.
“Ce n’est pas le genre de boulot dont on décroche en rentrant chez soi le soir”, explique Lyudmyla Buyun, biologiste et chercheuse au département des plantes tropicales, dans les pages de The Kyiv Independent.
“Pour beaucoup d’entre nous, c’est toute notre vie.”
Rattaché à l’Académie des sciences d’Ukraine et fondé en 1935, le jardin botanique “n’est pas un jardin public”, précise Roman Ivannikov, son collègue, responsable du même département, auprès de ce titre anglophone ukrainien. Centre de recherche et de conservation classé patrimoine national, ce jardin botanique est l’un des plus vastes d’Europe avec ses 130 hectares et quelque 12 000 espèces végétales. Plus de 4 000 plantes tropicales et subtropicales y sont cultivées, “dont beau