Par

Dorine Goth

Publié le

10 févr. 2026 à 20h50

Un coup de tonnerre dans l’univers de la grande distribution. Monoprix prévoit de céder trois magasins au discounter allemand Lidl et d’en fermer six pour poursuivre la réorganisation de son parc de plus de 600 points de vente, sans « aucune suppression d’emploi », a annoncé mardi 10 février 2026 l’enseigne. Quatre des six fermetures concernent des points de vente dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne.

Des fermetures et des cessions

Monoprix, qui appartient au groupe Casino (tout comme Franprix, Naturalia et d’autres), a réuni mardi « ses instances représentatives du personnel pour leur présenter plusieurs projets » concernant au total quelque 200 salariés, selon un communiqué.

Ceux-ci prévoient la fermeture des Monoprix de La Défense, Malakoff et du Monop’ de Clichy dans les Hauts-de-Seine ainsi que celle du Monoprix de Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne. Les deux autres magasins concernés sont à Nantes (Loire-Atlantique) et Tours (Indre-et-Loire). Les salariés touchés par des fermetures seront « repositionnés » dans « d’autres magasins de la marque », selon Monoprix.

En Île-de-France, le groupe prévoit aussi la cession des magasins de Chatou, Le Pecq (Yvelines) et Argenteuil (Val-d’Oise) au géant du discount Lidl. Le distributeur allemand a confirmé dans un communiqué séparé une « discussion exclusive » avec Casino et prévoit une « finalisation de l’opération » d’ici à la fin du premier semestre. Onze Monop doivent passer en franchise et un autre, à Lyon, doit être vendu à l’enseigne espagnole Primaprix, a précisé le groupe à l’AFP. Concernant les cessions, Lidl promet également de conserver « 100 % des effectifs ».

« Une réorganisation brutale »

La CGT Monoprix, qui avait dénoncé la semaine dernière « une réorganisation brutale », a déploré ces annonces. « On est inquiets, surtout pour les personnes qui vont passer du jour au lendemain chez Lidl, où les conditions de travail ne sont pas les mêmes », a répondu à l’AFP une membre du syndicat, qui a souhaité rester anonyme.

Ces projets « résultent d’analyses menées magasin par magasin », a justifié Monoprix. « Ils s’inscrivent dans la transformation » du groupe Casino, tombé en 2024 dans l’escarcelle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, après des années de surendettement.

Le distributeur stéphanois, qui a vendu la quasi-totalité de ses hypers et supermarchés français, prévoit de rénover 100 % de ses Monoprix à horizon 2030. Sur les neuf premiers mois de 2025, il en a fermé 16 mais ouvert 19 et passé trois en franchise. Casino négocie actuellement avec ses créanciers pour ramener de 1,4 milliard à 800 millions d’euros le montant qu’il doit rembourser en 2027.

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Lidl, sixième distributeur en France, entend de son côté « renforcer son maillage territorial dans des zones urbaines et périurbaines », après avoir repris 19 supermarchés à Auchan en 2025, dont neuf précédemment cédés par Casino.

Avec AFP

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