l’essentiel
De Saint-Céré à Cahors, en passant par Gourdon, le département du Lot a été largement plébiscité par le « Bib Gourmand » du guide Michelin. Cinq nouveaux restaurants obtiennent cette labellisation. Une reconnaissance qui souligne leur passion et créativité culinaire.
Bien manger avec un bon rapport qualité prix, voilà un pari que beaucoup de restaurateurs essayent de tenir. Un pari certes, mais qui a largement porté ses fruits : cinq nouvelles adresses lotoises s’invitent dans la sélection du « Bib Gourmand » 2026. Il récompense les établissements proposant une cuisine soignée à prix modéré (soit 40 euros pour entrée, plat, dessert). En 2024, trois adresses du département avaient été récompensées, mais aucune l’année dernière. Derrière cette distinction, qui met en lumière les produits du terroir, se cachent de véritables passionnés de cuisine.
Philia à Saint-Céré
« C’est vraiment une belle reconnaissance. C’est un beau cadeau d’anniversaire », se réjouit Thomas Biasutti, propriétaire du restaurant Philia, à Saint-Céré, depuis trois ans. « On a essayé de respecter notre idéologie : être locavore au possible. On propose une cuisine où on y apporte notre créativité », souligne le cuistot natif de Carcassonne. Néanmoins, il ne veut surtout pas prendre la « grosse tête ». Le restaurant n’a pas du tout vocation à devenir un étoilé mais à perdurer dans le temps.
La carte comprenant la formule déjeuner à 25 euros, élaborée toutes les semaines en fonction des produits de saison et des maraîchers ne doit pas changer. « Quand on va chez les producteurs de Tauriac ou à la Paysannerie, c’est souvent eux qui nous inspirent sur nos menus. Ça va guider notre sélection », ajoute Thomas. À l’exception de la formule « la plus haut de gamme », proposée le soir, à 38 euros, qui change tous les mois. Enfin, Philia, c’est aussi une histoire familiale et de collaboration. « On travaille à deux en cuisine avec mon ami Pierre. On fait vraiment une cuisine de plaisir ».
Bonnie à Cahors

Rodolphe et Charlotte, le couple derrière le restaurant « Bonnie », à Cahors.
DDM PF
À Cahors, le restaurant « Bonnie », ouvert depuis octobre 2023 s’est illustré dans la plus grande surprise. « Sans s’être inscrit au guide Michelin, on a été référencé au mois d’août 2025 », témoigne Charlotte Bauduret, la cheffe passionnée d’art graphique. Pendant qu’elle s’attelle à la cuisine, à la conception des menus, au dressage sophistiqué des assiettes, son compagnon Rodolphe reste en salle. La carte, qui change tous les mois, reflète la cuisine de Charlotte : une cuisine très végétale, colorée, qui sort de l’ordinaire.
Delicatessens à Gourdon

Le couple propriétaire du « Delicatessens » à Gourdon.
Photo fournie par le couple
À l’ouest du département, à Gourdon, avant que le Delicatessens fasse l’unanimité auprès du guide Michelin, le restaurant était une petite bâtisse. Il servait d’épicerie fine et de dépôt de pain. « Le commerce a bien fonctionné pendant cinq ans. Mais, au fur et à mesure, on a eu envie d’avoir quelque chose de plus en plus grand », explique Justine Mouly, propriétaire du restaurant, au côté de son mari Benoît.
Bien consciente de la difficulté de tenir un restaurant, la flamme pour la cuisine ne s’éteint pas pour autant. Les idées fusent toujours : « On a toujours le menu du jour, on laisse carte blanche à nos cuisiniers pour les laisser exprimer leur créativité et leur envie », avoue-t-elle. Sauf pour le menu balade qui est créé en collaboration avec Benoît. Tout ce travail de longue haleine a été souligné par les clients bien avant de recevoir le prix : « On a des habitués qui sont très contents car la carte change tout le temps. Mais avec simplicité », précise-t-elle.
Les Dodues à Puy-L’Évêque
Concernant Les Dodues à Puy-L’Évêque, Amandine Bessière et Antoine Pépin, propriétaires du restaurant ne pensaient pas recevoir un tel prix. En 2022, ils se lancent le défi d’ouvrir un restaurant. Chose promise, chose due. Ils trouvent leur bonheur dans un petit écrin dans la colline de la Bourianne. « L’idée était de faire de la restauration comme nous, on la voyait », sourit Amandine.

Amandine Bessières et Antoine Pépin du restaurant Les Dodus.
Photo fournie par Amandine Bessières
Grâce au « Bib », Amandine et Antoine peuvent se projeter davantage dans le futur. Un joli projet est censé voir le jour en 2027. Une habitation devrait être réhabilitée en restaurant avec une capacité de salle encore plus grande à Anglars-Juillac.
Jeu de Quilles à Cajarc
Le Jeu de Quilles, sous la houlette de Grégory Dattiches, se fond dans le paysage de Cajarc. Comme l’évoque le guide Michelin, ce bistrot « propose à l’ardoise un menu juste et inspiré où se croisent gravlax de truite, paleron de bœuf confit en fines tranches au citron confit ».
Le restaurant était anciennement géré par Patrice Ponsolle. Ce dernier avait déjà reçu le « Bib ». Une fierté, donc, pour le jeune chef lotois de « continuer dans le même esprit ».