Publié : 7h13 – Modifié : 7h34 Yann Launay

Oleksandr Prokudin, gouverneur de Kherson, et Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne
Crédit : Yann Launay
L’oblast de Kherson renforce ses relations avec la Bretagne. Une convention a été signée ce mardi 10 février à Rennes, en présence du gouverneur de Kherson. Un partenariat pour aider les Ukrainiens pendant le conflit, et préparer l’après-guerre.
C’est l’une des régions ukrainiennes en première ligne, face aux soldats russes, à l’est du pays : l’oblast de Kherson renforce ses relations avec la Bretagne. Une convention a été signée ce mardi à Rennes, en présence du gouverneur de Kherson. Oleksandr Prokudin, en tenue militaire, en a profité notamment pour remercier l’association Kernic Solidarités, qui envoie des filets de pêches anti-drones en Ukraine.
Un soutien important pour le peuple ukrainien
Pour le gouverneur de Kherson, signer un partenariat avec une région française n’a rien d’anecdotique : « C’est important pour le peuple ukrainien, pour les gens qui se trouvent sur la ligne de front. Il est important pour eux de savoir qu’ils ne sont pas seuls, que l’Europe les soutient, et fait tout le nécessaire pour nous puissions obtenir une paix juste dans cette guerre.
Ce que la Bretagne et les Bretons font aujourd’hui pour nous, c’est déjà très important. Les filets, c’est une histoire très importante pour la région de Kherson. Ces filets couvrent environ 100 km de routes pour protéger les gens. Chaque hôpital, chaque marché ou supermarché se trouve sous ces filets. Nous sommes en train de construire des écoles souterraines, des centres commerciaux souterrains, parce qu’en moyenne, il y a environ 2500 drones qui tombent sur notre région par semaine. »
Oleksandr Prokudin, gouverneur de l’oblast de KhersonOleksandr Prokudin, gouverneur de l’oblast de Kherson
Oleksandr Prokudin est traduit par Ivanna Kushnir-Baron.
Crédit : Yann Launay
De nouveaux envois de filets bretons
Kernic Solidarités, basée dans le Finistère, était présente pour cette signature. L’association a rempli deux nouveaux camions de filets usagés, récupérés auprès de pêcheurs bretons. L’association envisage de poursuivre les envois de filets, puisqu’elle ne manque pas de matière première, comme l’explique Gérard Le Duff, président de Kernic Solidarités : « Ce sont des filets qui ont oeuvré en Manche pour pêcher la lotte. Des filets qui sont déclassés au bout de 15 à 18 mois, et en relativement bon état.
Ce sont des filets légers, résistants, et la glace et la neige ne se figent pas : le problème, avec des filets à petites mailles, c’est que ça peut faire des murs de glace, qui s’effondrent ensuite. »
Gérard Le Duff, président de Kernic SolidaritésGérard Le Duff, président de Kernic Solidarités
Annie BERTIN & Oloeksandr PROKUDIN
Crédit : Yann Launay
« C’est un symbole d’espoir de partager ces graines »
Des graines, des semences bretonnes d’oignons, de potirons, de haricots, ont notamment été remises au gouverneur Oleksandr Prokudin par l’association KaolKozh, représentée par Annie Bertin : « C’est un symbole d’espoir de partager ces graines, la graine que l’on donne, on peut la refaire facilement parce que maintenant il y en a qui nous mettent des barrières partout, on ne peut plus forcément refaire les graines comme on veut. Mais ces graines-là sont des graines adaptables, qui contiennent une grande diversité génétique.«
Oleksandr Prokudin : « Nous aimerions développer des échanges dans ce sens. Nous faisons cela avec l’Allemagne, et nous sommes ravis de de le faire avec la Bretagne. Nous avons des champs qui ont été brûlés, une grande partie de nos territoires ont été détruits, et nous avons décidé que nous n’allions pas revenir comme c’était dans l’Union soviétique. C’est pourquoi nous demandons à tous nos partenaires de nous donner de nouvelles technologies, de nouvelles graines, pour qu’on puisse augmenter la productivité de notre région. »
Annie Bertin, présidente de l’association KaolKozh, et le gouverneur de KhersonAnnie Bertin, présidente de l’association KaolKozh, et le gouverneur de Kherson
Signature de la convention à Rennes
Crédit : Yann Launay
Au-delà du soutien moral, au-delà du témoignage de solidarité, quel effort supplémentaire la Bretagne peut-elle faire pour aider les habitants de Kherson ? « Il y a, là, des collectes de générateurs qui partent depuis la Bretagne, comme le Quai d’Orsay a organisé des envois de générateurs électriques, parce que les Russes tapent les centrales énergétiques pour mettre le peuple d’Ukraine dans le froid, dans la peur et dans l’angoisse, souligne Loïg Chesnais-girard, président de la Région Bretagne.
Il y a des cybercombattants bretons
Il y a aussi l’engagement à continuer à envoyer des filets de pêches et puis il y a la lutte numérique, parce que la guerre se passe aussi dans le cyberespace. Et nous avons de cybercombattants en Bretagne, qui ne dépendent pas du Conseil régional, mais ce sont des Bretons qui servent soit sous les drapeaux, soit dans les entreprises bretonnes qui travaillent sur la cyber. »
Loïg Chesnais-Girard, président du Conseil régional de BretagneLoïg Chesnais-Girard, président du Conseil régional de Bretagne
Dans quelques jours, le 24 février, cela fera quatre ans que la Russie a lancé son attaque sur l’Ukraine.