« Une vie, ce n’est pas de l’argent », rétorque Christine Grandjean-Paccoud, veuve de la directrice d’école victime d’homophobie, qui s’est suicidée le jour de la rentrée scolaire 2025. Elle réclame de « vraies sanctions ».
Publié le 11/02/2026 08:25
Mis à jour le 11/02/2026 08:28
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Christine Grandjean-Paccoud, veuve de Caroline Grandjean, l’enseignante qui s’est suicidée le jour de la rentrée scolaire 2025, harcelée en raison de son homosexualité. (Jérémie FULLERINGER / MAXPPP)
Christine Grandjean-Paccoud, veuve de Caroline Grandjean, l’enseignante qui s’est suicidée, harcelée en raison de son homosexualité, a réclamé mercredi 11 février sur franceinfo de « vraies sanctions » contre les responsables du drame. « Pas juste un avertissement », a-t-elle ajouté.
Une enquête administrative avait été diligentée « immédiatement » après le suicide, a rappelé mardi devant l’Assemblée nationale le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray. Elle a conclu à une « défaillance institutionnelle ». Le ministre a parlé d' »une mécanique administrative ayant failli » sans « volonté de nuire ».
Il a également annoncé qu’il proposerait une réparation financière à la veuve de l’enseignante qui s’en est indignée sur franceinfo. « Ils n’achèteront pas mon silence, a prévenu Christine Grandjean-Paccoud. Pour moi, cet argent est sale. Une vie, ce n’est pas de l’argent. Elle valait combien? Combien ils vont me donner ? Mais c’est horrible ! », a-t-elle réagi, la voix brisée.
Selon Christine Grandjean-Paccoud, plusieurs alertes avaient été données avant le drame : « Les sonnettes d’alarme » ont été tirées deux fois par les syndicats, rappelle-t-elle, avec deux courriers évoquant le danger « pour la vie de mon épouse ». Ils sont restés sans réponse, alors qu’elle avait déjà fait une tentative de suicide. Christine Grandjean-Paccoud dit connaître les agents mis en cause : « On sait qui travaille dans les bureaux de l’Éducation nationale du Cantal. On les connaît ces personnes. Je ne sais pas comment elles font pour continuer à travailler. D’ailleurs, je ne sais pas comment elles font pour se regarder dans une glace le matin ».
Elle raconte que ces mêmes personnes ont assisté aux obsèques de sa femme : « Elles sont venues me serrer la main. Je les revois et ça me met en colère. » Refusant toute compensation financière, la veuve affirme qu’elle ne touchera pas cet argent et souhaite éventuellement en faire don à une œuvre caritative. « Je ne vais pas prendre de l’argent alors que ces personnes continuent d’exercer comme si rien ne s’était passé. Ça ne me fera pas taire. » Elle espère désormais « de vraies sanctions, suffisamment sévères pour être un exemple et que cela ne recommence plus. »
Caroline Grandjean, 42 ans, était la cible depuis septembre 2023 de harcèlement en raison de son homosexualité. Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de son école de Moussages, un village du Cantal de 200 habitants. Une enquête avait été ouverte, classée sans suite. Christine Grandjean-Paccoud, a porté plainte contre l’Éducation nationale pour « harcèlement ».