Maintenant que le box-office d’Avatar 3 : De feu et de cendres touche à sa fin, faut-il s’inquiéter pour l’existence d’Avatar 4 et 5 ?
Entendons-nous bien : dans cette industrie (et cette économie), rapporter 1,4 milliard de dollars est clairement une prouesse. À côté des 1,8 milliard de Zootopie 2 et des 2,1 milliards de Ne Zha 2, Avatar 3 : De feu et de cendres reste le troisième plus gros succès de 2025. Pour autant, là où les précédents films de James Cameron – depuis Titanic – ont été de véritables anomalies du box-office, affichant des chutes de fréquentation très faibles de semaine en semaine, Avatar 3 a connu un certain délitement plus attendu, l’amenant à être bien en dessous des 2,3 milliards d’Avatar 2 et des 2,7 milliards d’Avatar (sans compter les ressorties).
Alors que sa carrière en salles touche à sa fin, De feu et de cendres termine quand même en dessous des estimations initiales, qui le positionnaient entre 1,5 et 1,8 milliard. Pour rappel, Avatar 2 et 3 ont été tournés en même temps à partir de 2017, et Cameron a co-écrit avec ses scénaristes Avatar 4 et 5, qui devraient représenter un nouveau bloc de production prévu pour sortir en 2029 et 2031. Mais est-ce encore possible ?
Avatar : De feu et de sous
Avatar 4 et 5 n’ont pas encore été officialisés par Disney et 20th Century Studios, même si James Cameron a précisé que quelques séquences du quatrième opus avaient déjà été mises en boîte avec les comédiens (majoritairement des flashbacks par rapport à l’ellipse qui séparera Avatar 3 et 4). A priori, Disney ne peut pas se permettre de faire l’impasse sur de telles sommes, sauf que la saga est loin d’être si rentable. En 2022, James Cameron lui-même avait affirmé à GQ que sa franchise représentait « le pire business plan de l’histoire du cinéma ».
Bien qu’ils servent de benchmark technologique bien utile pour tout Hollywood, les films Avatar coûtent très cher à produire. En comptant les années de recherche et développement et une post-production étendue, La Voie de l’eau et De feu et de cendres sont estimés respectivement aux alentours des 400 millions de dollars de budget. Ajoutez à ça un budget marketing qui doit avoisiner au minimum les 200-300 millions de dollars, et le succès devient tout de suite très difficile.
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James Cameron allant en réunion chez Disney
Étant donné qu’il faut à peu près doubler sa mise au box-office (vu que la moitié d’un ticket de cinéma revient aux exploitants), cela met le seuil de rentabilité d’Avatar 3 entre 1,2 et 1,4 milliard de dollars. Bien sûr, le cinéma ne fait pas tout, et la popularité d’Avatar lui permet de rapporter de l’argent par d’autres moyens, de la vidéo à Disney+ en passant par les parcs à thème. Ce dernier point est d’ailleurs le plus important, car, en dehors de la zone Pandora à Animal Kingdom dans le Disney World de Floride, la multinationale aurait des plans pour développer Avatar dans d’autres parcs.
Néanmoins, Avatar n’est pas, contrairement à Marvel ou Star Wars, un phénomène transmédiatique, si ce n’est pour quelques comics et un jeu vidéo (Frontiers of Pandora) depuis la sortie de La Voie de l’eau. Il est triste que ce genre de considération purement mercantile pèse autant dans la balance, mais elle pourrait jouer un rôle dans le futur de la saga. Tandis que sa popularité connaît un déclin d’épisode en épisode, est-il malin pour Disney d’investir encore 1 milliard de dollars sur deux films ?

Perdre son Varang ?
James Cameron en est lui-même conscient, et n’a pas manqué de souligner durant la promotion d’Avatar 3 l’importance de son succès, ainsi que la nécessité pour Hollywood de réduire ses coûts de production. La solution est sans doute de ce côté-là. Maintenant que le gros de la recherche et du développement technologique a été fait pour combler les 13 ans d’écart entre Avatar 1 et 2, peut-être qu’Avatar 4 et 5 pourront être produits pour moins cher.
Cela étant dit, certains analystes cités par Variety avancent que le délitement d’Avatar 3 s’explique en partie par le manque de fossé technologique avec le précédent volet, qui avait en partie attiré les curieux sur La Voie de l’eau. James Cameron est-il coincé avec cette escalade du spectacle ? Seul le temps nous le dira.