Émilien Gailleton (23 ans, 10 sélections) et Fabien Brau-Boirie (20 ans, aucune sélection) portaient les chasubles floquées des numéros 13 et 12, mercredi à Marcoussis. Un petit doute subsiste encore pour le second nommé, puisque le forfait de Moefana n’a pas été officialisé par la Fédération. Mais le Bordelais n’a participé à aucune des deux séances à haute intensité cette semaine et on voit mal le staff prendre le risque de le lancer, alors qu’il n’est pas à 100 %, pour ce qui est peut-être le match le plus abordable du Tournoi.

Brau-Boirie, façon Jauzion

Brau-Boirie, indiscutable à la Section depuis un an, réalise une saison remarquable. Il a déjà été convoqué à Marcoussis à la fin du Tournoi 2025, puis en novembre dernier. Dans l’intervalle, il aurait dû participer à la tournée d’été en Nouvelle-Zélande mais une blessure à la cheville l’en a empêché. « Il a cette espèce de talent, un peu à la Jauzion, pour être à la fois sobre et très efficace, bien faire jouer autour de lui », apprécie Patrick Arlettaz, entraîneur de l’attaque.

À ses côtés, Émilien Gailleton a un peu plus de bouteille, lui qui a découvert les Bleus à l’été 2023. L’énorme concurrence au poste de second centre (Fickou, Barassi, Depoortere, désormais Gourgues…) a freiné son installation dans l’équipe. En novembre dernier, entré en jeu et aussi vite commotionné face aux Fidji, il avait été très frustré par sa parenthèse internationale. Une blessure à l’épaule l’avait ensuite écarté des terrains pendant quasiment deux mois.

Douze titularisations communes

« On ne l’a jamais oublié, on le connaît très bien et on n’a pas hésité à le rappeler de suite car on connaît sa valeur. Le principe des groupes de 42, c’est de travailler avec d’autres joueurs, voir leur potentiel, comment ils réagissent sous la pression et entourés de joueurs de grande qualité. Émilien postule tout le temps à une place pour exister en équipe de France », assure Arlettaz, conscient de disposer d’une « flopée de centres » particulièrement doués.

Ils ont connu douze titularisations communes depuis mars 2025. « Ils se complètent parfaitement, apprécie leur manager Sébastien Piqueronies. L’un aide les qualités de l’autre. Par exemple, Fabien est très bon dans le duel offensif, les appuis, il peut passer l’épaule. Il fait ça parce qu’il sait qu’Émilien a toujours de très bonnes lignes de courses. De son côté, Émilien anticipe que Fabien va bien gérer le contact défensif et peut se projeter sur la cellule d’après. »