Sans trembler, Julia Simon n’a raté qu’une seule balle derrière la carabine pour s’offrir son premier titre olympique en individuel après des mois difficiles.
Publié le 11/02/2026 18:30
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Julia Simon, émue, en or sur le podium de l’individuel à Anterselva aux JO, le 11 février 2026. (FRANCK FIFE / AFP)
On attendait Lou Jeanmonnot, la leader de la Coupe du monde. C’est Julia Simon qui a décroché la médaille d’or sur l’individuel des Jeux de Milan Cortina, mercredi 11 février, devant sa compatriote, elle qui est championne du monde en titre de la spécialité. Une deuxième consécration planétaire qui a une valeur particulière au regard de son parcours. « C’est l’un des plus beaux jours sportifs de ma vie, a-t-elle narré au micro de France Télévisions, visiblement émue. Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidée à réaliser ce rêve ».
Condamnée à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour fraude à la carte bleue le 24 octobre, la décuple championne du monde de biathlon avait été également sanctionnée d’un mois de suspension par la Fédération française de ski le 6 novembre. « Elle a un programme et fait ses séances, racontait mi-novembre Jean-Paul Giachino, entraîneur du tir des Bleues et proche de la biathlète. Après, elle a un peu plus de mal à garder sa concentration pendant toute la durée d’une séance sur le tir. (…) Je lui ai dit que c’était normal avec ces événements ». « C’est difficile de récupérer un train déjà en marche », avait avoué de son côté l’intéressée au micro de La Chaine L’Equipe à son retour à la compétition le 12 décembre.
Un parcours semé d’embûches sur lequel Julia Simon s’est rapidement exprimée après son sacre olympique, au micro d’Eurosport. « J’aimerais qu’on me foute la paix. Je pense que je n’ai plus rien à prouver à personne, maintenant j’aimerais qu’on me laisse faire mon biathlon », a ajouté la biathlète de 29 ans, assurant que « la page a été tournée au sein de l’équipe ». A son passage de la ligne en vainqueure, elle a mis son index sur la bouche.
Dimanche déjà, les femmes de l’équipe de France avaient montré toute l’étendue de leur talent en achevant le relais mixte sur deux courses presque parfaites, pour décrocher une première médaille en or pour le clan tricolore. « L’équipe de France a toutes les armes et aujourd’hui on l’a montré. C’est juste incroyable, ça fait tellement plaisir. J’ai l’impression d’être sur un nuage, c’est surréaliste et je ne réalise pas encore vraiment », a aussi confié la nouvelle championne olympique après la course mercredi.
Dix-neuvième sur le sprint d’Hochfilzen (Autriche) pour sa reprise le 12 décembre, Julia Simon a patienté jusqu’à Oberhof pour voir sa forme sur les skis monter, et accrocher son premier podium de la saison sur le sprint (3e). Troisième du classement général l’an dernier derrière Franziska Preuss et Lou Jeanmonnot, la Savoyarde l’avait remporté lors de la saison 2022-2023 sans compter ses dix titres de championne du monde, dont quatre en individuel. Elle a donc pu puiser dans cette immense expérience pour avancer confiante vers son rêve olympique.
« Je suis très fière de la course, elle a été rondement menée. De A à Z, je ne me suis pas du tout affolée. Je ne suis pas du tout stressée sur ces Jeux, je prends un kif énorme. »
Julia Simon
au micro de France Télévisions
Auteure d’un 19 sur 20 derrière la carabine mercredi comme sa coéquipière Camille Bened (6e), la biathlète de 29 ans restait sur une belle victoire sur la mass-start à Nove Mesto, lors de la dernière course en Coupe du monde avant les JO de Milan Cortina, et cette médaille d’or remportée avec l’équipe du relais mixte dimanche. « Paulo [Jean-Paul Giachino, l’entraîneur de tir de l’équipe de France] voulait prendre sa retraite il y a deux ans, je lui avais dit ‘Tu ne peux pas partir, on n’a pas bouclé la boucle’, a-t-elle raconté après sa victoire. On a encore des choses à aller chercher et je te veux à mes côtés »‘.
Le coach de l’équipe de tir féminine a resigné pour deux ans de plus, « pour terminer sur une année olympique », comme il le confiait à franceinfo: sport en début de saison. Et accompagner Julia Simon sur la plus haute marche du podium. « Je pense être une meilleure athlète aujourd’hui, je comprends mieux mon tir et je suis plus patiente sur les skis, a analysé la biathlète tricolore. C’est pour cela que j’ai réussi à gagner cet individuel, ce que je n’étais pas parvenue à réaliser il y a quatre ans ».
En tête sur le dernier tir de l’individuel à Pékin, elle avait sorti trois balles, la reléguant à une frustrante 21e place. « Mon entraîneur m’avait dit, aux Jeux en 2022, que si je ne changeais rien, je ne serais jamais régulière, a-t-elle expliqué en conférence de presse. Nous avons tout repris à zéro, surtout le tir couché ». Un retour aux fondamentaux qui a payé pour la championne olympique.
« Aujourd’hui, la boucle est bouclée », a conclu Julia Simon au micro de France Télévisions. Enfin presque, tant l’équipe de France semble armée pour tout rafler et battre son record de médailles sur des Jeux olympiques (sept médailles pour trois titres), réalisé à Pékin en 2022.