Armé de ses outils et de sa patience, Jean-Marie Laliberté sculpte chaque année d’impressionnantes sculptures, entièrement faites de neige. Les passants sur la route 265 à Notre-Dame-de-Lourdes attendent toujours de voir quelle thématique l’œuvre représentera, thème généralement relié à l’actualité. Pour 2026, le septuagénaire a décidé de lancer un message de bienvenue particulier à l’un de ses nouveaux voisins en sculptant un VTT.
Les sculptures de M. Laliberté semblent parfois pousser à même le sol enneigé. Certains se souviendront de la tour Eiffel, ornée des anneaux olympiques, du tracteur ou des chevaux qu’il a créés par les années précédentes. Les thématiques de ses créations sont différentes année après année. Pour cet hiver, l’homme s’est inspiré de son nouveau voisin, un passionné de quatre-roues, pour sa sculpture dans la neige. ” Je le regardais aller et ça me rappelait moi quand j’étais jeune. Une fois, je m’étais acheté un trois-roues et nous allions faire des balades avec, mais lorsqu’on restait coincés, il fallait pousser! “, a-t-il raconté.
C’est donc ce que les passants peuvent observer : un quatre-roues dans une pente, avec un personnage qui pousse le véhicule de son ami, lui, au volant. En ne comptant que l’engin, la sculpture mesure deux mètres de long et 1,2 mètre de largeur. Jean-Marie Laliberté souligne d’ailleurs qu’il a souhaité faire un projet le plus grandeur nature que possible. Bien qu’il n’ait fait aucun réel plan pour réaliser son œuvre, il s’est toutefois fabriqué un petit gabarit pour s’assurer de reproduire le VTT avec les bonnes proportions.
M. Laliberté a travaillé près de 32 heures pour finir son projet. Il explique que la difficulté cette année a été la sculpture en pente. Il témoigne d’ailleurs de sa création de l’an dernier, la tour Eiffel, qui a tenu près de trois semaines, où le défi semblait différent. ” C’était plus facile, mais plus complexe toutefois. En hauteur, ça devenait difficile de sculpter, c’était beaucoup moins stable. Celle de cette année était difficile puisqu’elle est en pente, alors c’est un autre défi, surtout pour que ça ne tombe pas “, a-t-il dit.
Jean-Marie Laliberté a préparé sa sculpture quelque temps à l’avance en amassant la neige pour former un grand bloc. La météo reste toutefois l’atout le plus indispensable. ” Je ne fais pas ça avant le mois de janvier parce que nous savons qu’il pleut un peu toujours au début du mois habituellement. Il doit faire froid pendant environ deux semaines pour que la sculpture tienne bien. Ça tourne autour du 15 janvier “, a mentionné l’artiste.
Une passion née dès l’enfance
M. Laliberté a réalisé sa première sculpture à 13 ans seulement. Il garde d’ailleurs précieusement plusieurs photos de l’ensemble de ses œuvres, devenues de véritables attractions à Notre-Dame-de-Lourdes. Ayant été actif de 1978 à 1997, l’homme avait pris une pause de son passe-temps et c’est en 2016 qu’il a recommencé. ” Il y a beaucoup de monde qui me demande dès le mois de juillet ce que je vais faire comme sculpture. Les gens ont de l’intérêt pour mes projets, il y a toujours beaucoup de monde qui arrête pour venir voir. Nous avons déjà vu jusqu’à sept voitures dans notre cours. Il y a aussi beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, c’est apprécié de voir que les gens aiment ça “, a soutenu l’homme, accompagné de sa conjointe.
Après toutes ces années, il affirme que sa passion pour la sculpture de neige est toujours aussi présente. ” Nous jouions toujours dehors quand j’étais jeune, c’était notre activité de jouer dans la neige. Aujourd’hui, les jeunes vont plutôt à la patinoire ou des choses comme ça. C’est le fun à faire carrément. Les gens viennent voir et ça fait de l’activité. Mes préférées, je dirais que ce sont celles qui sont les plus dures à faire. Je relève le défi et je suis content d’avoir réussi aussi. À notre âge, c’est souvent la santé qui décide pour nous. J’espère pouvoir en faire une l’année prochaine”, a confié Jean-Marie Laliberté.
Ses œuvres ont attiré les regards, notamment dans différents carnavals et auprès des députés. Il raconte également l’implication de sa famille dans son aventure enneigée. ” Il y a quelques années, ma petite-fille avait regardé l’album de photos et elle voulait que son grand-père lui fasse le château de la guerre des tuques. Elle voulait une voiture aussi, mais je me suis limité à une par année. Elle a eu son beau château finalement “, a-t-il raconté en souriant.
M. Laliberté invite la population à venir admirer son œuvre, tout en profitant de l’extérieur, au 248, route 265 à Lourdes.