À Marseille, le groupe Orange va redéployer plus d’un millier de postes de son site de Saint-Mauront pour ne conserver qu’une fraction des effectifs dans ses locaux installés dans ce quartier sensible, a indiqué ce mercredi 11 février 2026 à l’AFP un porte-parole de l’entreprise.

Le campus Massalia d’Orange à Saint-Mauront, quartier dans lequel se trouvent plusieurs points de deal, avait fait l’objet d’une fermeture temporaire le 7 janvier, pour la deuxième fois en quelques mois, après la découverte d’impacts de balles sur sa façade. Les salariés du tertiaire de l’opérateur avaient alors été invités à rejoindre d’autres sites dans la région, télétravailler ou s’installer dans des espaces de travail partagé « le temps de l’enquête ». Mais le 6 février « nous avons annoncé aux salariés qu’un retour des activités tertiaires sur le campus Orange Massalia n’était pas envisagé », a indiqué mercredi à l’AFP un porte-parole du groupe, une annonce qui concerne 1100 employés sur 1200 au total.

Cette décision prend notamment en compte « la sécurité de nos salariés, c’est le principe qui nous anime depuis le début », a-t-il précisé. « Les activités techniques sur le site sont elles maintenues. Le site est pérenne », a toutefois insisté le porte-parole.

Pour relocaliser les équipes tertiaires, la direction recherche un ou deux sites « complémentaires » à Marseille. Ces nouveaux locaux devront répondre à plusieurs critères, notamment être situés dans « un environnement de qualité ».

Ces derniers mois, des syndicats au sein de l’entreprise ont dénoncé des « bagarres » et une emprise du « narcotrafic » dans le quartier de Saint-Mauront, où des salariés ont dit ne pas se sentir en sécurité. Le départ des équipes tertiaires ne fait pas l’unanimité. Allant jusqu’à parler d’une « fermeture » du site de Saint-Mauront, la CGT a dit mercredi refuser « la stigmatisation des quartiers populaires ». « L’enquête faisant suite à la découverte d’impacts de balles exclut le fait que l’entreprise Orange et ses salariés étaient visés », plaide la CGT.

Jérôme Bissey, délégué CFDT, salue au contraire une « relocalisation » qui répond à une demande de son syndicat. « Maintenant, le suivi qu’on va faire avec la direction, c’est d’obtenir le plus rapidement possible ce fameux second site », dit-il à l’AFP. Pour leur implication présumée dans les tirs qui avaient frappé le site de Saint-Mauront, trois jeunes hommes de 20 ans sont renvoyés devant le tribunal le 24 mars.