Reçu à la Maison Blanche mercredi 11 février, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahu a échangé à huis clos avec le président américain Donald Trump sur le dossier iranien, sans annonce d’accord mais avec des lignes clairement affirmées.

Publié le : 12/02/2026 – 00:11Modifié le : 12/02/2026 – 00:12

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Rien de définitif, insiste Donald Trump. À l’issue de sa rencontre avec Benyamin Netanyahu, le président américain affirme avoir plaidé pour la poursuite des discussions avec l’Iran afin de « voir si oui ou non un accord peut être conclu », une option qui « aurait [sa] préférence », écrit-il sur son réseau Truth Social.

La réunion, la septième entre les deux hommes depuis le retour au pouvoir du républicain de 79 ans, a duré plus de deux heures et s’est tenue entièrement à l’écart de la presse.

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Préférence assortie d’un avertissement

« Aucune décision définitive n’a été prise », souligne Donald Trump, si ce n’est la volonté de continuer les pourparlers. Il avertit toutefois que « si ce n’est pas possible, nous devrons voir quel sera le résultat ».

Le président américain rappelle que « la dernière fois, l’Iran avait décidé qu’il serait mieux de ne pas conclure d’accord » et que « cela a mal tourné pour eux », en référence aux bombardements américains de sites nucléaires iraniens lors de la guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin. « Espérons que cette fois ils seront plus raisonnables », conclut-il.

Dans ce contexte, le Wall Street Journal indique que le Pentagone a placé en alerte un deuxième porte-avions susceptible d’être déployé au Proche-Orient. Donald Trump n’a toutefois pas encore donné l’ordre formel, rappelant que les États-Unis « avaient tout leur temps » mais devaient « se mettre en position ».

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Les lignes rouges israéliennes

Benyamin Netanyahu a, de son côté, « insisté sur les besoins sécuritaires de l’État d’Israël dans le cadre des négociations », selon un communiqué de ses services. Les deux dirigeants ont convenu de maintenir une coordination étroite.

Avant sa venue, le Premier ministre israélien avait réclamé que toute négociation inclue la limitation des missiles balistiques iraniens, une ligne rouge pour Israël, et le gel du soutien de Téhéran à des groupes armés alliés dans la région, une exigence centrale pour Israël. Il affirme par ailleurs que l’action militaire reste, selon lui, le seul moyen de régler durablement la question nucléaire iranienne.

Après de premiers pourparlers le 6 février à Oman, Washington et Téhéran ont dit vouloir poursuivre le dialogue, malgré des positions très éloignées. « Les discussions sont limitées à la question nucléaire », a affirmé mercredi Ali Larijani, chef du Conseil iranien de sécurité nationale, dans un entretien à Al Jazeera relayé par l’agence IRNA. Il y répète que l’Iran refuse de renoncer à l’enrichissement d’uranium et accuse Israël de chercher à « saboter » les pourparlers, tout en avertissant qu’en cas d’attaque américaine, Téhéran frapperait les bases des États-Unis dans la région.

Washington n’entend toutefois pas limiter un éventuel accord au nucléaire et souhaite également restreindre la portée des missiles balistiques iraniens et mettre fin au soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël.

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