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Le Centre de Radiothérapie d’Oncologie Médicale de la Garonne (CROMG – Amethyst Radiothérapie) à Agen a démarré depuis la fin du printemps 2025 les irradiations stéréotaxiques intracrâniennes, une technique innovante pour traiter les métastases cérébrales.

La radiothérapie stéréotaxique permet d’irradier à haute dose de très petits volumes dans le corps du patient et ainsi de concentrer davantage de radiation sur la lésion maligne. Cette avancée a été rendue possible par l’installation d’une machine de radiothérapie de dernière génération en novembre dernier au CROMG (jadis Calabet), dans le cadre d’un investissement de près de 3 millions d’euros.

« Cet investissement traduit notre volonté d’anticiper les besoins futurs et de proposer des traitements toujours plus précis, efficaces et respectueux de la qualité de vie des patients », souligne Nayef Idrissi, directeur à Agen des opérations pour le compte d’Amethyst Radiothérapie France.

« Un réseau européen de cliniques de radiothérapie (NDLR. devenu partenaire stratégique du CROMG au niveau de la Société Civile de Moyens), permettant une mutualisation des moyens et l’acquisition d’équipements innovants », affirme le Dr Galaad Bernard-Faure, oncologue radiothérapeute au CROMG.

Doses élevées, mais tissus sains préservés

Pendant longtemps, l’irradiation de l’ensemble du cerveau était le standard pour les métastases cérébrales. Aujourd’hui, la radiothérapie stéréotaxique permet de cibler uniquement les lésions, avec des doses élevées et très localisées. « La stéréotaxie intracrânienne nous permet de traiter les métastases de façon extrêmement ciblée, mais aussi d’envisager des retraitements si de nouvelles lésions apparaissent au cours du suivi. Nous nous inscrivons dans une logique de contrôle de la maladie dans le temps, tout en préservant au maximum le cerveau sain », explique le Dr Bernard-Faure, fils du docteur et cancérologue à la retraite Olivier Bernard.

Les métastases cérébrales peuvent être liées à des cancers dits primitifs du poumon, du sein, les mélanomes ou certains cancers digestifs et rénaux.

La chaîne technologique du centre inclut HyperArc (marque Varian) qui optimise la planification et permet de traiter plusieurs métastases lors d’une même séance, et le système ExacTrac Dynamic (Brainlab) qui assure un contrôle continu de la position du patient dont la tête est maintenue par un casque. En combinant imagerie et suivi dynamique des mouvements, des corrections sont apportées en temps réel garantissant une précision submillimétrique tout au long de l’irradiation.

Des trajets à Toulouse et Bordeaux trois fois par semaine jusque-là

Aurore Labrot, manipulateur en radiothérapie et référente en stéréotaxie, précise : « Avant cette mise en place locale, les patients devaient se rendre à Toulouse ou Bordeaux, ce qui impliquait des trajets fatigants. L’un des grands bénéfices est donc la proximité, mais aussi le fait que le traitement comporte peu de séances : 3 séances en tout, parfois 5, espacées de 24 heures. »

La technique délivre une dose de 9 Gray par séance, contre 2 Gray en radiothérapie classique. « Ça vise au millimètre », souligne la référente qui stipule qu’en amont et aval, tout est scrupuleusement sous contrôle par radios, scanner, validés par un médecin et sous surveillance accrue durant la séance. « Les tissus sains sont particulièrement protégés ». La chimiothérapie est suspendue temporairement.

Le Dr Galaad Bernard-Faure précise : « On ne peut pas traiter les grosses lésions au-delà de 5 cm avec la radiothérapie stéréotaxique, mais avec la radiothérapie classique dans ce cas. À l’inverse, les lésions trop petites posent aussi problème. On attend qu’elles fassent au moins 3-4 millimètres pour pouvoir être sûr de la position et du traitement. » Il ajoute : « Le contrôle local est excellent. On arrive à faire disparaître la maladie du cerveau qu’on traite, même si une cicatrice peut persister à l’IRM. » Autre bénéfice majeur : la possibilité de répéter le traitement tant que le nombre de métastases reste limité. En revanche, en cas d’atteinte massive, une irradiation cérébrale totale sera privilégiée.
Le Dr Bernard-Faure tient néanmoins à préciser : « Chaque patient est unique. On a du mal à faire une généralité sur toutes les prises en charge. »

Avec cet investissement, le CROMG offre aux patients du Lot-et-Garonne et également à la patientèle du Gers qui ne dispose pas de cet équipement, un accès local à une radiothérapie de pointe, précise, efficace et respectueuse de la qualité de vie, évitant des déplacements fatigants pour 20 minutes de traitement par séance. Une technique jugée « redoutable » par l’oncologue.

La même technique pour les cancers secondaires pulmonaires et prostatiques fin 2026
 

Actuellement, le centre traite « des métastases intracérébrales », avec une extension prévue vers les métastases pulmonaires ou prostatiques fin 2026. Concernant les tumeurs cérébrales primitives, le Dr Bernard-Faure précise : « Cela relève du traitement standard : chimiothérapie systémique concomitante à une radiothérapie classique. En revanche, en cas de récidive très localisée, on peut compléter avec la stéréotaxie ».

Les tumeurs bénignes cérébrales « agressives passives » susceptibles d’atteintes des fonctions cognitives ou de compressions (méningiomes, schwannomes) peuvent également être éligibles : « C’est une des indications de la radiothérapie stéréotaxique. Mais tout dépend du volume et de la zone », notamment en cas de proximité du nerf optique. Les décisions sont prises de façon collégiale en réunion de concertation pluridisciplinaire » qui détermine le protocole adapté.