Le skeletoneur n’a pas voulu renoncer à porter son casque dédié à des athlètes ukrainiens tués dans la guerre contre la Russie, malgré les injonctions du CIO, et a donc été disqualifié, jeudi.
Publié le 12/02/2026 11:43
Mis à jour le 12/02/2026 11:49
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L’Ukrainien Vladyslav Heraskevych pose avec son casque rendant hommage à des athlètes ukrainiens tués dans la guerre contre la Russie, le 10 février 2025 à Cortina d’Ampezzo (Italie). (ANDREA BERNARDI / AFP)
« C’est le prix à payer pour notre dignité ». Vladyslav Heraskevych a appris sa disqualification de l’épreuve de skeleton aux JO d’hiver 2026, jeudi 12 février, et a réagi avec patriotisme sur les réseaux sociaux. L’athlète ukrainien, porte-drapeau de sa délégation, a refusé de renoncer à son casque rendant hommage à d’autres athlètes de son pays tués dans la guerre contre la Russie. En s’appuyant sur la règle 50.1 de la Charte olympique, qui interdit toute forme de « propagande politique », le CIO l’a disqualifié.
Les deux parties avaient entamé des pourparlers pour trouver une solution, comme un brassard noir plutôt que ce casque, mais Vladyslav Heraskevych est resté inflexible. « Le CIO n’a pas seulement disqualifié l’athlète ukrainien, il a disqualifié sa propre réputation. Les générations futures s’en souviendront comme d’un moment de honte », a réagi Andrii Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères sur X. « Le CIO a intimidé, manqué de respect et même sermonné notre athlète et d’autres Ukrainiens sur la façon dont ils devraient se taire au sujet de ‘l’un des 130 conflits dans le monde’. Le CIO a également systématiquement échoué à s’attaquer au plus grand profanateur du sport international et de la Charte olympique : la Russie. Ce sont les Russes qu’il faut interdire, pas la commémoration de leurs victimes. Aucun d’eux n’est ‘neutre' ».
The IOC has banned not the Ukrainian athlete, but its own reputation. Future generations will recall this as a moment of shame.
He simply wanted to commemorate fellow athletes killed in war. There is nothing wrong with that under any rules or ethics.
The IOC intimidated,… pic.twitter.com/5FsK7FCakC
— Andrii Sybiha ðºð¦ (@andrii_sybiha) February 12, 2026
Dans un communiqué, le Comité olympique ukrainien a affirmé que « Vladyslav n’a pas pris le départ, mais il n’était pas seul – il avait toute l’Ukraine avec lui, et il l’aura toujours. Car lorsqu’un athlète défend la vérité, l’honneur et la mémoire, c’est déjà une victoire. Une victoire pour Vladislav. Une victoire pour tout le pays ». L’athlète a également reçu le soutien de l’Ukrainienne Oleksandra Matviïtchouk, prix Nobel de la paix en 2022. « Je tiens à rappeler au CIO que le sport est apolitique mais pas en dehors de toute éthique. Le souvenir n’est pas une violation », a-t-elle écrit sur X.