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La tempête Nils a frappé l’Albret, causant des dégâts importants. Plus de cent arbres ont été déracinés, perturbant la circulation et l’électricité.
Malgré la tempête et la montée des eaux, les Néracais préfèrent le second degré au pessimisme. « C’est pas mal de boire son café en terrasse, les pieds quasiment dans l’eau », sourit Guillaume Zanardo du café Ozé. De l’autre côté de la Baïse, une dame de la résidence seniors partagée lance : « on se croirait à Venise avec la rivière qui vient lécher les belles maisons ! » Pourtant, la nuit de mercredi à jeudi a été éprouvante dans tout l’Albret.
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« Toutes nos équipes sont sur le pont depuis le milieu de la nuit », nous ont répété, ce jeudi matin, toutes les mairies et la communauté de communes. « Les appels sont incessants, il y a eu pas mal de dégâts, notamment des arbres qui sont tombés », souffle Patrice Dufau entre deux coups de fil à la mairie de Nérac. Dans le parc de la Garenne notamment, partiellement inondé par la Baïse et interdit au public, une dizaine d’arbres ont été arrachés par les bourrasques. Sur les allées d’Albret, c’est un grand platane qui a été déraciné pour s’affaler sur la devanture de la laverie. Si la tempête Nils a causé des dégâts, elle reste moins éprouvante que celles de 2009 ou 1999. En revanche, elle a été précédée de fortes pluies qui ont gorgé d’eau les sols. Ce qui a facilité le travail de vent.
Un maire troque l’écharpe pour la tronçonneuse
À mi-journée, Albret Communauté avait relevé au moins une centaine d’arbres retrouvés couchés en travers des routes, rendant la circulation très compliquée. Ainsi, les pompiers de Nérac, appelés en renfort dans le Mézinais, ont mis deux heures pour parcourir les 14 km qui séparent les deux communes. Le temps d’ouvrir la route à coups de tronçonneuse. « Il faut compter une demi-heure – trois-quarts d’heure pour dégager un arbre de la chaussée », intervient Alain Lorenzelli. Toute la nuit, avec son employé municipal, le maire de Bruch a troqué son écharpe pour la tenue de bûcheron afin de dégager les routes obstruées. « On est rentré à 6 heures du matin ».
À Mézin, des arbres sont tombés sur des maisons et des toitures ont été dévastées. Une antenne relais a été endommagée également. Le secteur de Moncrabeau n’a pas été épargné non plus. Le maire du village a ainsi retrouvé sa voiture écrasée sous un arbre.
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Les arbres n’ont pas été les seules victimes de la tempête Nils. Les rafales de vent qui ont allégrement dépassé les 100 km/h ont fait tomber de nombreux poteaux électriques. À Saint-Vincent-de-Lamontjoie, un pylône en béton a littéralement été scié par une rafale. À Lavardac, on a même retrouvé, au cœur de la bastide, des panneaux de signalisation complètement pliés par le vent.
Aussi, une ligne de haute tension (20 000 volts) a été mise à terre sur la route qui mène à Xaintrailles. Laquelle a été fermée à la circulation pour éviter tout accident. « À mi-journée, toujours un tiers de la commune est privé d’électricité », confie Ludovic Biasotto. Idem dans le village voisin de Barbaste, où le délai de retour à la normale dans certains secteurs a été annoncé à plusieurs jours par la mairie. Le réseau téléphonique et internet a également été fortement perturbé sur l’ensemble de l’Albret.
Une cave inondée à Nérac
Outre la tempête Nils, l’Albret a aussi dû faire face, ces dernières heures, à la montée des eaux de ses rivières. Dans le cœur de Nérac, la Baïse a pris ses aises, engloutissant les chemins qui la bordent, notamment celui du parc de la Garenne, dès la fontaine de Fleurette.
Entre les deux ponts, la rivière est arrivée au niveau des habitations. Si les terrasses des restaurants sont restées indemnes (à surveiller ces prochaines heures), la cave de la résidence seniors partagée, elle, n’a pas résisté.

La cave de la résidence seniors des bords de Baïse a été inondée.
DDM – P. C.
« Un de nos colocataires avait renforcé la porte qui donne sur la berge avec une protection en plastique. Mais force est de constater que cela n’a pas suffi », découvrent deux résidentes en ouvrant la porte de leur sous-sol. « Heureusement, on avait anticipé en mettant en hauteur nos affaires et les conserves ! »
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Après le pont-vieux, où la Baïse se déchaîne en grondements bouillonnants, on regarde aussi très attentivement la montée du niveau de l’eau. Notamment au Racer Café. En face du restaurant, une voiture abandonnée est doucement gagnée par la crue.

Une voiture abandonnée menace d’être emportée par la Baïse.
DDM – P. C.
« Elle est abandonnée ici depuis un mois. Si la crue continue, elle finira par être emportée. Ce qui voudra dire qu’il sera temps de s’inquiéter pour nous. Heureusement ma fille est en vacances, elle viendra écoper avec un seau sur la terrasse », rigole le cuisinier, gardant un œil inquiet sur la rivière qui s’agite un peu plus bas. En effet, la décrue n’est pas annoncée pour tout de suite…