En février, les familles franciliennes vont devoir composer avec
une nouvelle journée de grève dans les établissements scolaires.
Annoncée au coeur de l’hiver, cette mobilisation régionale des
personnels de l’école publique concerne les trois académies de
Paris, Créteil et Versailles, de la maternelle au lycée. Entre
inquiétude pour la garde des enfants et questions sur la fin
d’année scolaire, boucoup se demandent encore l’ampleur réelle du
mouvement.
Derrière cette journée de grève, portée par une intersyndicale
éducation unie FSU, SNUipp-FSU, SNES-FSU, SE-UNSA, FO, CFDT, CGT et
SUD, se joue en réalité la préparation de la prochaine rentrée. Les
annonces de répartition des moyens pour la rentrée
2026, dévoilées fin janvier au CSA ministériel, prévoient
plusieurs milliers de suppressions de postes. Une date sur le
calendrier, mais un choc pour les salles de classe.
Pourquoi la grève Éducation nationale Île-de-France fait
réagir
Les syndicats situent l’origine de la grève Éducation
nationale Île-de-France dans un chiffre : entre 3 256
et 4 000 suppressions de postes pour
la rentrée prochaine, dont 1 891 à 2 229 dans le premier degré
et 1 365 à 1 803 dans le second, alors que le ministère invoque la
baisse démographique. Un responsable syndical cité par Le
Parisien parle de « Ça va être sanglant… » et d’une « sinistre
politique comptable ».
Dans un communiqué intitulé « L’École publique sacrifiée : ça
suffit ! Toutes et tous en grève le 17 février ! », la CGT
Educ’action 93 relie directement ces coupes à la loi de finances
2026 adoptée via le 49.3. L’intersyndicale éducation dénonce des
mesures jugées incompatibles avec les besoins du terrain, y compris
en éducation prioritaire, et annonce des assemblées générales dès
le 10 février pour préparer la journée du 17 février, date
officielle de la grève.
Suppressions de postes et écoles fermées : l’impact en
Île-de-France
Les académies franciliennes figurent parmi les plus touchées par
ces arbitrages. Selon les scénarios étudiés, l’académie de
Versailles perdrait 170 postes dans le premier degré, celle de
Créteil 140, tandis qu’en Seine-Saint-Denis 67
postes seraient supprimés pour la prochaine rentrée. Dans ce
contexte, des mobilisations locales ont eu lieu, comme dans le
Val-de-Marne le 15 janvier, où des dizaines
d’écoles ont été fermées selon les syndicats.
Pour le 17 février, les informations syndicales annoncent des
fermetures totales ou partielles
d’écoles et des perturbations dans les collèges et lycées en
Île-de-France. Dans le premier degré, des services
d’accueil municipaux pourront être mis en place, mais avec une
capacité variable selon les communes. Dans les collèges et lycées,
les dotations horaires globales fragilisent déjà le remplacement
des cours.
Grève du 17 février 2026 : comment
s’organiser en Île-de-France
Pour les familles, l’enjeu immédiat reste de
savoir si l’établissement de leur enfant ouvrira ses
portes. Les organisations syndicales rappellent
que, dans le premier degré, les enseignants doivent déposer leur
intention de faire grève avant le
samedi 14 février auprès de leur IEN, ce qui
doit donner une première visibilité sur l’ouverture des écoles et
sur l’activation éventuelle du service minimum d’accueil.
- Parents d’élèves du primaire : vérifier auprès de l’école et de
la mairie. - Collégiens et lycéens : suivre les messages de l’établissement
et les emplois du temps. - Familles d’élèves en situation de handicap : anticiper
l’absence possible de leur AESH.
L’intersyndicale appelle aussi à se rassembler à Paris
le 17 février, avec une manifestation régionale en
direction du Ministère de l’Éducation nationale, au départ fixé
à 13 h, l’itinéraire précis pouvant être
communiqué ultérieurement. Les mots d’ordre portent sur
l’annulation immédiate des suppressions de postes, la baisse des
effectifs par classe (20 élèves, 16 en REP), la création de postes
de CPE, AED et personnels médico-sociaux, le renforcement des RASED
et des AESH, et le rejet du « plan Collège en
progrès » et la fin de l’austérité, avec priorité donnée à l’école
publique.
EN BREF
- Une grève régionale de l’Éducation nationale touche les
académies de Paris, Créteil et Versailles sur fond de loi de
finances 2026. - Entre 3 256 et 4 000 suppressions de postes annoncées
pour la rentrée 2026 font craindre fermetures de classes, cours non
assurés et services d’inclusion fragilisés. - Parents, élèves et personnels franciliens s’interrogent
sur l’ouverture des établissements, les modalités d’accueil et les
suites de cette mobilisation au ministère.