
Le commerçant en légitime défense a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire – Photos © Photomontage IA et capture d’écran RMC
Texte : Matthias Arguel et Fanny Suteau – Mis en examen après avoir mortellement tiré sur un homme de 19 ans qui s’était introduit chez lui pour le cambrioler, le septuagénaire a été laissé libre sous contrôle judiciaire par le parquet de Lyon.
Dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 février 2026 à Genas, près de Lyon, un cambriolage vire au drame. Pour protéger l’intégrité de son domicile et de sa famille, un homme de 70 ans a tiré sur un individu de 19 ans qui s’était introduit chez lui par effraction.
Aux alentours de 3h30 du matin, l’habitant a contacté les gendarmes pour signaler une tentative de vol avec arme à son domicile, selon le parquet de Lyon. Sur le toit de la maison, les forces de l’ordre ont découvert le corps du jeune homme atteint d’une balle au thorax, ainsi qu’un revolver.
Selon ses déclarations en garde à vue, l’homme a tiré « pour faire fuir un individu armé qui avait accédé aux combles de son habitation par le toit et l’avait menacé verbalement ».
La victime du cambriolage soutenue par l’opinion publique
Une pétition a été mise en ligne par sa famille et soutenue par l’ensemble des riverains ainsi que par le maire, Daniel Valero (DVD). Sur RMC, celui-ci apporte son soutien à son administré : « La personne qui a reçu cette visite impromptue à 3h du matin est peut-être en droit d’avoir peur et de se poser des questions. Et puis, si elle est menacée, de riposter ».
A l’heure où nous publions cet article, la pétition compte plus de 42 000 signatures. Le Genassien – bijoutier de profession – encourt la perpétuité pour homicide volontaire. Dans cette affaire, la jurisprudence pourrait jouer en sa faveur. Il y a dix ans, une affaire similaire s’était conclue par un non-lieu.
Sur le terrain, l’événement relance le débat autour de la légitime défense, des armes à feu et de la protection du domicile, alors que les circonstances précises de l’intrusion, notamment l’implication possible d’un complice, restent à éclaircir par les gendarmes et les juges d’instruction.
Mis en examen, libéré sous contrôle judiciaire
Après 48 heures de garde à vue, le septuagénaire a été mis en examen pour meurtre et détention non autorisée d’armes à feu par le parquet de Lyon. Il a ensuite été laissé libre sous contrôle judiciaire, une décision prise par le ministère public, estimant que son maintien en détention n’était pas nécessaire.
L’information judiciaire ouverte devra désormais déterminer avec précision les circonstances des faits, notamment les conditions de la riposte et le cadre exact de la légitime défense invoquée par le mis en cause. Une enquête distincte a été lancée pour « vol avec arme ». L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités et d’éclaircir le déroulé précis de cette intrusion.
