Une histoire de victoire. Qu’importe l’étiquette, l’écologiste Jean-Marc Governatori a rejoint, lundi, la liste d’Éric Ciotti dans la course aux municipales de Nice des 15 et 22 mars.

Maître Philippe Soussi était adjoint de Christian Estrosi depuis 2008.

Une décision réfléchie pour le désormais colistier, qui dit avoir échangé avec d’autres candidats pour envisager un accord politique.

Ce que Juliette Chesnel-Le Roux et Christian Estrosi préfèrent nuancer.

Lors de l’annonce de son ralliement à Éric Ciotti, Jean-Marc Governatori a annoncé avoir privilégié le candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), alors que d’autres candidats l’auraient courtisé.

Christian Estrosi lui aurait même proposé une place sur sa liste et la délégation à l’Alimentation territoriale.

« Il était sûr de ne pas dépasser les 5 % »

Selon l’entourage du maire, c’est Jean-Marc Governatori qui aurait pris contact avec Christian Estrosi via un « très long SMS » pour trouver un accord politique. L’édile aurait proposé un rendez-vous au candidat écologiste pour en discuter.

« Governatori lui a dit qu’il était sûr de ne pas dépasser les 5 % et qu’il voulait être élu », glisse un proche du candidat Horizons.

Le maire lui aurait donc proposé de « suivre » le Plan de l’alimentation territoriale, « mais pas sur la liste, sans poste d’élu ».

Ce que Jean-Marc Governatori dément. Dans sa version, les échanges avec le maire auraient commencé mi-novembre, au sujet d’un désaccord en conseil municipal.

« Il m’a dit qu’on allait trouver des solutions, que j’étais important », raconte l’élu écologiste, affirmant avoir gardé les traces écrites de ces échanges.

« C’était logique que j’obtienne un poste d’adjoint »

Le 23 janvier, il est convié dans le bureau du maire. « Il m’a demandé ce que me filait Ciotti. Je voulais la délégation métropolitaine à l’Alimentation territoriale. Il m’a dit qu’il me la filait aussi. Pour l’avoir, il faut être très bien placé sur la liste, donc c’était logique que j’obtienne un poste d’adjoint à l’Environnement ou la Culture urbaine », confie Jean-Marc Governatori.

Selon lui, Christian Estrosi n’a qu’un souhait : se retrouver en duel avec Éric Ciotti et éviter une triangulaire au second tour avec une liste de gauche.

« Donc il voulait que je maintienne ma liste ou que je le rejoigne. Le fait de m’avoir fait basculer l’élection », estime Jean-Marc Governatori, qui concède qu’il aurait fait « entre 5 et 10 % » au premier tour avec une liste solo, compte tenu des forces en présence.

« On aurait pu sortir à 20 ou 25 % et éliminer Damiano »

Quant à ses discussions avec Juliette Chesnel-Le Roux, et malgré le démenti de la candidate, il maintient sa version.

« Je lui ai écrit le 4 janvier pour qu’on reproduise l’alliance de 2020 [Jean-Marc Governatori avait pris la tête de la liste « Nice Écologique »]. On aurait pu sortir à 20 ou 25 % au premier tour, éliminer Damiano [la candidate de Nice Front Populaire] et espérer un miracle au second tour », projette-t-il.

C’était sa solution préférée. « Mais elle voulait rester tête de liste et a refusé », regrette-t-il.

« Éric Ciotti n’est pas un extrémiste »

S’il privilégie l’écologie avant tout et souhaite qu’on le place au centre de l’échiquier politique, il rejoint une liste UDR, soutenue par le Rassemblement national, parti qu’il décrivait en 2021 comme « un danger dans son essence même ».

Pour lui, ce n’est pas un problème : « Beaucoup ont dit que le RN s’est transformé. C’est un parti qui en fait beaucoup trop sur l’immigration. Mais il n’a pas grand-chose de différent avec la politique de Bruno Retailleau, par exemple, pourtant pas classé à l’extrême droite. Éric Ciotti n’est pas un extrémiste, c’est un pur RPR comme Estrosi », affirme le candidat écologiste.

Il est désormais en marche pour les élections, en 9e place sur la liste ciottiste, selon nos informations.