LE FIGARO TV – Fabrice Aidan, Jack Lang et sa fille Caroline… Des noms français ressurgissent des dossiers de l’affaire Epstein, mais aucune enquête sur les ramifications possibles sur le territoire n’a encore été ouverte. Invitée de «Points de Vue», Me Nathalie Bucquet pense qu’on risque de «découvrir qu’il y a bien eu de l’exploitation sexuelle en France».
«Étant donné le pedigree de monsieur Epstein, j’ai du mal à croire que lorsqu’il arrive en France, il regarde les mouches voler», lance Me Nathalie Bucquet dans «Points de Vue» sur Le Figaro TV. Plusieurs noms cités dans les dossiers de l’affaire font peser des soupçons sur des faits de pédocriminalité qui se seraient produits en France. Fabrice Aidan, alors diplomate détaché à l’ONU, voit son nom ressurgir 200 fois. Jean-Noël Barrot a saisi mardi la justice pour «signaler les faits présumés» à son encontre. Jack Lang et sa fille Caroline, également cités, sont quant à eux la cible d’une enquête préliminaire pour «blanchiment de fraude fiscale aggravée».
Affaire Epstein : une commission d’enquête parlementaire serait difficile (mais pas impossible) à mettre en œuvre
«En toute objectivité, par rapport aux éléments qu’on entend, je pense qu’on pourrait découvrir qu’il y a eu de l’exploitation sexuelle en France, notamment sur les divers lieux où pouvait se rendre monsieur Epstein» (comme son appartement au 22 av. Foch, NDLR), affirme Nathalie Bucquet. «Quand on a un profil d’une personne qui a réduit à l’esclavage sexuel des dizaines et des dizaines de jeunes filles, comment penser qu’il s’arrêtait une fois en France ?», questionne l’avocate.
Me Bucquet aimerait «qu’on puisse exploiter les black books où Epstein avait des contacts, notamment à Paris». «On a également une victime sur le sol américain qui a évoqué avoir voyagé à Paris. Donc je voudrais savoir si tous les registres de vol ont été exploités, si on peut connaître l’identité des personnes qui se sont déplacées à bord du jet, s’il y avait des enfants, des Français, etc», poursuit l’avocate.
Mais Emmanuel Macron a estimé lundi que l’affaire concernait «surtout les États-Unis» et qu’en ce sens il fallait «que la justice là-bas fasse son travail et c’est tout», malgré les nombreuses réclamations d’investigations en France. «Une priorité absolue» qui se fera «de manière certaine à un moment donné» selon Me Bucquet.
Et plutôt qu’une commission d’enquête parlementaire sur les ramifications en France de l’affaire Epstein comme demandée par LFI, l’avocate de «Innocence en danger» suggère aux parlementaires de lancer une commission d’enquête «pour étudier la réponse judiciaire et la manière dont ça a été traité entre 2019 et 2023. Ce serait intéressant pour voir s’il y a eu des loupés».