Si l’attente est énorme autour du phénomène Paul Seixas, un autre jeune grimpeur de talent devrait aussi faire parler de lui dans les ascensions cette saison sous les couleurs de la formation Decathlon CMA CGM. Matthew Riccitello, 5e et meilleur jeune du dernier Tour d’Espagne pour le compte d’Israel-Premier Tech, a fait le choix de rejoindre la WorldTeam française à l’intersaison. “Une décision plutôt simple à prendre”, affirme le frêle grimpeur américain. “J’ai été très attiré par le projet, par la façon dont l’équipe évolue depuis des années, les caps qui ont été franchis dans tous les domaines. L’équipe s’est intéressée à moi et j’ai eu le sentiment que toutes les planètes étaient alignées pour se lancer”.
UN ÉQUILIBRE À TROUVER POUR LE LEADERSHIP
Comment l’athlète de 23 ans imagine-t-il la répartition des rôles avec Paul Seixas ? “C’est super excitant d’avoir de très bons grimpeurs dans l’équipe et plus généralement un groupe super solide”, répond-il sans se focaliser spécifiquement sur le Rhônadien. “C’est forcément top d’avoir plusieurs cartes à jouer sur les courses. Au plus on a de bons grimpeurs, et ou mieux c’est”.
Alors que le plan de Decathlon CMA CGM est de remporter le Tour de France avec le Français à moyen terme, quelle place Matthew Riccitello s’imagine-t-il tenir dans le collectif ? Se voit-il jouer les co-leaders avec le dernier lauréat du Tour de l’Avenir sur certains événements majeurs ou préfère-t-il être le plus souvent possible aligné sur d’autres fronts pour jouer sa propre carte ? “C’est une question d’équilibre. Un peu des deux, c’est bien je pense, et ce sera le cas. On a les deux options : unir nos forces ou jouer sur deux fronts différents. Je commence la saison sans lui ici au Tour de la Provence, et nous serons ensemble lors du prochain rendez-vous au Tour d’Algarve, c’est le signe que l’on compte varier”, rappelle celui qui réside désormais à Villefranche-sur-Mer et qui avait, lui aussi, bien failli remporter un Tour de l’Avenir, mais qui avait perdu son maillot jaune lors de la dernière étape, en 2023.
DANS LE SILLAGE DE PAUL SEIXAS
Originaire de Tucson, en Arizona, Matthew Riccitello compte bien profiter de tout l’engouement qui gravite autour de Paul Seixas pour tracer son chemin, dans son sillage, sans faire trop de bruit. “Paul, il est très jeune et moi je suis… jeune”, rigolait-il au micro de DirectVelo, ce jeudi en fin d’après-midi depuis l’hôtel de sa formation, non loin d’Aix-en-Provence. “On a tous les deux du potentiel et la possibilité de progresser encore beaucoup. L’entraide sera précieuse”.
En termes de calendrier, l’Américain va enchaîner les grosses courses WorldTour d’une semaine : Tour de Catalogne, Tour du Pays Basque, Tour Auvergne-Rhône-Alpes… Avant un retour sur la Vuelta. Des choix du staff ou une volonté de sa part ? “Il y a eu de vrais échanges, avec des propositions des deux côtés. C’était super agréable, d’ailleurs. Bien sûr, c’est le staff qui a toujours le dernier mot mais franchement, on a vraiment pu construire quelque chose qui me correspond et je suis très content des choix qui ont été faits”.
LA VOLONTÉ DE GAGNER D’EMBLÉE EN PROVENCE
Ce Tour d’Espagne 2025 très réussi reste sa dernière sortie en compétition à l’instant-T. Une expérience de trois semaines riche en enseignements et sur laquelle il compte bien s’appuyer ces prochains mois. “Clairement, ça m’a donné beaucoup de confiance. Je m’en sentais capable, à vrai dire, mais le fait de le réaliser, c’est autre chose. J’ai pu évoluer auprès des meilleurs. Je sais qu’il y a encore la place pour bien progresser et c’est le but en débarquant dans une nouvelle équipe”.
Premier rendez-vous avec sa nouvelle équipe dès ce vendredi, lors du CIC Tour de la Provence (2.1). “Je viens avec l’ambition de gagner. C’est le but. Pour autant, si je n’y arrive pas, ce ne sera pas un drame. Ce n’est que la toute première course de la saison, et il y aura une multitude d’autres possibilités de briller durant l’année. Dans tous les cas, ce sera l’occasion de prendre de premiers bons repères, quel que soit le résultat”. Samedi, Matthew Riccitello sera l’un des favoris à la victoire au sommet de la Montagne de Lure, dont les routes sont encore bordées de neige. “Je me sens bien, le stage de pré-saison en Sierra Nevada s’est bien passé même si la météo n’était pas parfaite et qu’on a fait beaucoup de home-trainer (rire). De toute façon, on ne sait jamais vraiment quelles vont être les sensations sur une première montée en compétition”. Rendez-vous dans 48 heures pour le premier test grandeur nature d’un grimpeur qui, s’il n’est pas LE plus attendu dans sa formation, vise lui aussi les sommets.