LE MATCH – Fortes de neuf nominations à elles deux, les benjamines de la compétition s’affrontent directement dans quatre catégories, dont les très courues Révélation féminine et Chanson de l’année.
Elles n’ont pas pour seul point commun d’avoir fait disparaître de leur nom de scène les accents ; elles sont aussi les deux favorites de la soirée des Victoires de la musique 2026. Lili Théodora Mbangayo Mujinga, alias Theodora, et Héléna Bailly, connue sous le nom Helena, cumulent neuf nominations à elles deux. Cinq pour la Franco-Congolaise de 22 ans et quatre pour la Belge de 23 ans.
Face à elles, Charlotte Cardin, Santa, Orelsan, Disiz ou Aya Nakamura font déjà figure de vieux routards du circuit. Et on n’évoquera pas Vanessa Paradis ou le groupe Justice, eux aussi en lice, par charité.
Les deux jeunes chanteuses s’affrontent directement dans quatre catégories : Révélation féminine, Révélation scène, Album et Chanson de l’année. Chacune avec leurs arguments. Theodora, d’abord, forte de sa couronne de chanteuse française la plus écoutée en 2025 à l’issue d’une ascension fulgurante bouclée en quelques mois. Avec ses titres bien chaloupés aux propos en prise avec l’air du temps, elle a éclipsé Aya Nakamura en un battement de cils, sans que la reine des cérémonies des JO de Paris n’ait eu le temps de dire dja-dja. «Ouh, ouh, ouh, ouh, ouh, j’ai volé ton boooooo», chante Theodora dans Kongolese sous BBL, tube où la jeune pas si écervelée se moque beaucoup des mecs et un peu aussi de leurs copines qui cèdent trop facilement à la tentation de la chirurgie esthétique. Une chanson urban-pop-bouyon autotunée contre le diktat des implants mammaires et du brazilian butt lift en tête des charts ? Il faut croire que l’ère du rap et de ses clips aux voitures bondissantes et aux fesses rebondies est bien finie.
D’une classe préparatoire à l’ENS au Zénith de Paris : l’ascension fulgurante de Theodora, nommée cinq fois aux Victoires de la Musique
Le propulseur Star’Ac
En face, Helena paraît a priori bien plus sage. Longs cheveux blonds encadrant un visage d’albâtre, on pourrait la croire fille (ou petite-fille) d’Hélène Rollès, l’Hélène du Club Dorothée et des sitcoms AB des années 1990. À trente ans d’intervalle, les deux chanteuses ont d’ailleurs un autre point commun : la force de frappe que leur a offerte la télévision. Sa participation à la Star Academy 2023 a donné à la jeune Belge une aura considérable qui pèsera notamment dans le vote du public, appelé à désigner la chanson de l’année. Mais si Hélène avait ses «Garçons», Helena, elle, chante son Gentil Garçon et son Mauvais garçon. «Mauvais garçon me rabaisse, me dit que je suis pas belle comme ça, que je sers à rien, qu’il est jamais heureux avec moi.» Le ton et le style n’ont pas grand-chose à voir avec Theodora, mais Helena brocarde, elle aussi, l’obsession du corps parfait avant les vacances : «Summer Body, tant pis, tu sais quoi, Summer Body, je passerai l’été sans toi.»
À l’heure de répartir les trophées, le jury des Victoires aura tout cela en tête. Les derniers pronostics imaginaient que Theodora conserverait une large belle avance, en repartant avec deux ou trois Victoires, à commencer par la Révélation féminine et probablement le prix du clip pour le très léché Fashion Designa, signé Melchior Leroux. Helena, de son côté, semble bien partie pour décrocher la chanson de l’année avec son Mauvais garçon, même si la concurrence est rude dans cette catégorie où figurent aussi Soleil bleu de Luiza et Bleu soleil ou Tant pis pour elle de Charlotte Cardin. Reste à savoir qui aura su le mieux mobiliser sa «commu».