Natif de Nantes, Alban Salmon a longtemps ignoré qu’un lycée maritime se trouvait à proximité du quartier où il a grandi. C’est ce lycée qu’il s’apprête à quitter aujourd’hui, après 5 ans passés à sa tête, précédés d’une longue carrière dans l’enseignement et en tant qu’officier de la Marine nationale.

« J’ai grandi de l’autre côté de l’Erdre, quartier de la Tortière », explique-t-il à Mer et Marine. Un quartier qui fait presque face au lycée, implanté sur le site de Port Boyer depuis 1958. « Je ne savais même pas qu’il existait ! », s’étonne encore celui qui a commencé sa carrière maritime au sein de la Marine nationale, en intégrant l’école de maistrance à Brest en 1985. Alban Salmon poursuit sa formation d’officier marinier à Toulon, où il se spécialise dans la détection, puis réussit le concours interne d’officier en 1990. 

Il passe ensuite un an en Polynésie, sur un pétrolier chargé de ravitailler l’atoll de Mururoa, puis une autre année au Centre de formation maritime d’Hourtin (Gironde), fermé en 2000. Sa carrière d’officier se poursuit chez les commandos marines, puis sur la frégate anti-sous-marine Duguay Trouin, et s’achève avec les fusiliers marins à bord du porte-avions Charles de Gaulle. « En 2000, j’ai fait le choix de l’enseignement », souligne Alban Salmon, qui souhaite passer plus de temps en famille et voir grandir ses enfants.

Il tente et réussit le concours de l’enseignement maritime, « qui permettait aux officiers de la Marine nationale d’intégrer le corps enseignant, et qui n’existe plus en tant que tel aujourd’hui ». Durant neuf ans, Alban Salmon forme les futurs officiers de l’École nationale de la marine marchande du Havre (l’ENSM aujourd’hui), à la navigation et à l’exploitation du navire. Une carrière qu’il poursuit à l’ENSM de Nantes, dont il devient adjoint pédagogique en 2014, puis directeur en 2019, avant de prendre la tête du lycée professionnel maritime de Nantes, en 2021.

« Il y a bien sûr des différences entre la Marine nationale et la marine marchande, mais la passion de la mer est la même pour tous », constate Alban Salmon, à quelques jours de quitter, « très serein », la direction du LPM, pour prendre sa retraite. A son actif : le développement de nouvelles formations (BTS mécatronique, option voile du bac pro CGEM, capitaine 3000 en formation continue), la confirmation par la Région que le lycée serait reconstruit sur le même site, avec une livraison à horizon 2030-2032, et un projet d’établissement sur trois ans, validé en novembre dernier. Il acte notamment l’investissement dans un navire-école adapté aux besoins du site et des enseignements. « Le travail de définition des besoins est en cours ».

L’actuel directeur adjoint du lycée, François Coatanlem, assurera l’intérim jusqu’à la prochaine rentrée. Et c’est le directeur du lycée professionnel maritime de Paimpol, Philippe Halleguen, qui prendra à partir du 1er mars la tête du réseau Horizon Mer, dirigé depuis sa création en 2023 par Alban Salmon, avec le directeur du lycée maritime de Bastia, Julien Cometto, dans le rôle de vice-président. Ce réseau, qui fédère les douze lycées professionnels maritimes de la métropole, est de plus en plus actif : communication entre les lycées et vers l’extérieur, rencontre entre formateurs et enseignants des différents lycées pour partager ressources et bonnes pratiques… « Il y a un consensus autour de l’idée de se fédérer », se félicite le futur ex-président du réseau.

Qui, bien que presque retraité, n’abandonne par l’idée d’accompagner les jeunes dans leur carrière maritime. « C’est mon quotidien depuis des années, et pour quelques années encore sans doute ». L’engagement sera bénévole, au sein de l’association La Touline. Mais avant cela, Alban Salmon partira en voyage, direction le soleil. Pas en bateau, mais en camping-car.

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