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Plusieurs cours d’eau restent sous surveillance dans le département. Si la Garonne entame sa décrue, l’Aveyron inquiète à l’approche du pic attendu dans la nuit de jeudi 12 à vendredi 13 février.

Si le gros de la tempête Nils est désormais derrière nous, ses conséquences continuent de se faire sentir sur les cours d’eau du département. Si la Garonne amorce une décrue encourageante, la vigilance reste de mise sur plusieurs secteurs, notamment le long de l’Aveyron et de ses affluents.

À la station de Tres Casses, à Castelsarrasin, la Garonne a atteint son pic à 2 h 25 dans la nuit de mercredi à jeudi, culminant à 3,61 mètres. Un niveau supérieur de 30 centimètres à celui enregistré en décembre 2021, mais nettement en deçà de la crue du 11 janvier 2022 qui avait atteint 5,36 mètres. Depuis 6 heures jeudi matin, le fleuve est en décrue. En amont, à Verdun-sur-Garonne, la baisse avait commencé dès mercredi soir, après un point haut mesuré à 5,37 mètres vers 18 h 20. Des débordements localisés ont été constatés, sans toutefois provoquer de dégâts majeurs à ce stade.

Vue impressionnante du secteur du gué de Piquecos.

Vue impressionnante du secteur du gué de Piquecos.
DDM – Manu Massip

La situation est plus préoccupante sur l’Aveyron. À Montricoux, la station hydrométrique a dépassé à la mi-journée la crue de décembre 2019 (4,97 m). Selon les prévisions de Vigicrues, la montée des eaux devrait se poursuivre dans la nuit de jeudi à vendredi. À Loubéjac, le niveau pourrait atteindre 7 mètres vers 3 heures du matin voire 7,5 m à midi demain, effaçant la crue remarquable du 5 février 2003. « On va rester vigilants toute la nuit mais cela ne devrait concerner que 25 foyers bien identifiés situés à l’entrée du village », précise le maire, soulignant que les habitants concernés disposent chacun d’une solution de relogement.

Sortie de route à Aucamville pour un 4x4 pris au piège par la montée des eaux.

Sortie de route à Aucamville pour un 4×4 pris au piège par la montée des eaux.
DDM – Hélène Marchesani

À Saint-Antonin-Noble-Val, le plan communal de sauvegarde a été déclenché dès jeudi matin. La maire Elisabeth Birs et ses équipes ont procédé à du porte-à-porte dès la veille afin d’alerter les riverains exposés. « Nous avons déjà évacué une personne médicalisée et restons mobilisés toute cette nuit. Le pic de crue est attendu en milieu de nuit », indique-t-elle. Par mesure de précaution, l’école maternelle est restée fermée jeudi et le restera vendredi, tout comme le collège. Les services municipaux, appuyés par les secours, surveillent en permanence l’évolution du niveau de la rivière.

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Plus en amont, Laguépie, située à la confluence du Viaur et de l’Aveyron, se prépare également au passage du pic. Le maire Emmanuel Cros a fait évacuer dès 17 heures les habitants en première ligne, quittant de manière anticipée la séance du conseil départemental consacrée au vote du budget primitif. Même mobilisation à Beaumont-de-Lomagne, où Jean-Luc Deprince, vice-président du Conseil départemental et maire de la commune a choisi de rester auprès de ses administrés confrontés à la crue de la Gimone.

La RD 953 coupée au pont de Mondou à la sortie de Valence-d’Agen par la crue de la Garonne.

La RD 953 coupée au pont de Mondou à la sortie de Valence-d’Agen par la crue de la Garonne.
DDM – Michel Bony

Si les vents sont un peu tombés, la nuit à venir demeure décisive pour plusieurs communes riveraines. Les élus et les services de l’État restent pleinement mobilisés face à des cours d’eau encore sous tension, dans l’attente d’une stabilisation durable.