Je revois encore la scène dans le palais des congrès de Davos. Donald Trump sur l’estrade, siégeant sur une sorte de trône en plastique blanc, entouré d’une vingtaine de dirigeants alliés douteux : ceux de la Mongolie, de l’Azerbaïdjan, du Pakistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Qatar, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Paraguay et j’en passe. Aucun d’entre eux n’osait s’adresser la parole, de peur de ternir la solennité affectée de cette cérémonie du Conseil de la paix [inauguré le 22 janvier à l’occasion du Forum économique mondial].
Appelés un à un, ils s’approchaient du bureau devant lequel trônait Trump, s’inclinaient puis cherchaient à lui glisser quelques mots à l’oreille avant d’apposer leur signature sur le contrat. Toute la mise en scène visait à projeter l’image d’un Trump impérial, mais l’impression qui s’en dégageait évoquait plutôt la solitude. Une Amérique dont les alliés ne sont plus l’Allemagne, le Canada ou le Royaume-Uni, mais le Kosovo, la Jordanie et les anciennes républiques soviétiques, membres du Conseil de la paix.
La question n’est désormais plus de savoir quelle sera la prochaine lubie du président américain qui nous déconcertera ou nous indignera. Il s’agit plutôt de savoir comment s’y prendre pour construire une Europe postaméric
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Corriere della Sera (Milan)
Fondé en 1876, le premier quotidien italien mentionne toujours “della sera” (“du soir”) dans son titre, alors qu’il sort le matin depuis plus d’un siècle. Sérieux et sobre, le journal a su traverser les vicissitudes politiques en gardant son indépendance.
Dès sa naissance, le Corriere s’est affirmé comme le porte-parole de la bourgeoisie industrielle du Nord. Son format, très grand pour un quotidien moderne, participe à cette image de sérieux et de tradition. Il appartient à RCS Mediagroup, racheté en 2016 par l’homme d’affaires Urbano Cairo, qui possède également la chaîne La7.
Comme les autres journaux nationaux italiens, sa diffusion a connu ces dernières années une forte baisse, mais il reste en tête du classement.
Le journal est accompagné d’une multitude de suppléments dont Sette (vendredi), Io Donna (féminin du samedi) et La Lettura (dimanche).
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