« Une vraie fierté », se réjouit le manager de Pau Sébastien Piqueronies, dont l’arrivée en Béarn en 2021 a coïncidé avec le lancement d’un nouveau projet au sein du club, qui ne parvenait pas à décoller sportivement. « On a de suite voulu faire de la formation notre premier…

« Une vraie fierté », se réjouit le manager de Pau Sébastien Piqueronies, dont l’arrivée en Béarn en 2021 a coïncidé avec le lancement d’un nouveau projet au sein du club, qui ne parvenait pas à décoller sportivement. « On a de suite voulu faire de la formation notre premier moteur, devenir les meilleurs pour accélérer les jeunes talents. On n’a pas les moyens d’acheter des internationaux installés ou en puissance, ou pour prendre le risque d’avoir 15 ou 17 gros contrats. Donc on a assumé de prendre des joueurs avant qu’ils soient en haut, pour les y amener. »

Gailleton, le point de départ

Piqueronies, ancien responsable du pôle Espoirs de Toulouse, entraîneur des U17, U19 et U20 de l’équipe de France, n’a évidemment pas été choisi par hasard par les dirigeants palois. Sa présence est de nature à convaincre les jeunes de signer à la Section pour y achever leur formation et lancer leur carrière pro. Le premier d’entre eux a été Émilien Gailleton, certes tout juste lancé en Pro D2 par Agen, qui a débarqué à 19 ans en 2021. Instantanément titulaire en Top 14, il a permis de créer un appel d’air et de mettre en confiance les joueurs sollicités.

En dehors du deuxième ligne Jimi Maximin (26 ans) et de l’ailier Aaron Grandidier (25 ans), arrivés sur le tard, tous les Palois convoqués chez les Bleus ont 23 ans ou moins, repérés pour la plupart par la Section dans les clubs alentour. Beaucoup sont arrivés en post-formation (à partir de 17 ans, c’est le cas de Brau-Boirie, Attissogbe ou Auradou), même si certains sont là depuis plus longtemps encore, à l’image du jeune ouvreur Axel Desperès ou de l’ailier Grégoire Arfeuil, tous deux dans les 42 cette semaine.

Risques assumés

À la Section, au sein du centre de formation, ils constituent des « capsules », ces petits groupes composés de joueurs à fort potentiel, qui bénéficient d’un accompagnement quasiment individuel, avec des staffs dédiés et la promesse d’une présence importante parmi les pros, à l’entraînement et en match. « On a changé de paradigme par rapport au modèle français, pose Brandon Fajardo, qui pilote le « plan de succession » palois. On ne veut pas faire gagner nos équipes de jeunes – si ça arrive, tant mieux – mais développer des joueurs. Chez nous, l’entraînement du mardi avec les pros est plus important que le match du samedi avec les Espoirs. »

Oubliez les jeunes qui passent une tête en équipe première puis disparaissent des feuilles de matchs pendant plusieurs mois. Quand un joueur est lancé, après avoir côtoyé les « grands » au quotidien, c’est pour de bon. Depuis qu’il a disputé ses premiers matchs en pro à l’hiver 2025, Brau-Boirie est indiscutable. Pour faire de la place à ses pépites montantes, la Section a dû se résoudre à laisser partir plusieurs joueurs bien installés, comme Eliott Roudil, ou réduire le temps de jeu d’autres, comme Nathan Decron.

« On a assumé des risques aussi. Au début, les résultats de l’équipe première étaient irréguliers », se souvient Piqueronies. Sa formation finit dixième en 2022, douzième en 2023, puis la montée en puissance permet d’accrocher une neuvième et une huitième place. « Émotionnellement, ça a pu être dur, car tout l’environnement veut que ça aille plus vite. Mais on a toujours été très alignés avec mon président et mon directeur général : on savait qu’il nous faudrait un peu de temps. »

Nouvel objectif

La formule a fini par être payante, puisque la Section est aujourd’hui deuxième du Top 14, bien partie pour disputer ses premières phases finales depuis sa remontée, il y a dix ans. La construction d’un nouveau centre d’entraînement, abritant un grand espace dédié à la formation, a été lancée, avec une ouverture prévue pour le début de la saison prochaine. « On met 100 % de nos moyens dans notre modèle, sans dépense superflue. On veut laisser un héritage et construire des fondations durables », pose Piqueronies. La prolongation jusqu’en 2029 de Gailleton, sollicité par Toulouse et La Rochelle, est un autre signal très positif.

Piqueronies, Fajardo et l’entraîneur Julien Sarraute, arrivé l’été dernier et qui suit les jeunes des « capsules » au quotidien, ont déjà la suite en tête. « On sait déjà sur quel effectif on se projette pour 2027-2028 », glisse le manager. Qui a fixé un nouvel objectif à l’ensemble des staffs : que les joueurs palois retenus par Fabien Galthié ne se contentent pas de s’entraîner avec l’équipe de France, mais qu’ils jouent en match. Ce dimanche, c’est un nouveau pas qui sera franchi.