Des chercheurs de Lille et de Surrey (Royaume-Uni) ont mis en évidence un lien entre diabète de type 2 et hypertension artérielle. Alors que la science penchait avant pour la simple coïncidence, une réponse existerait dans le champ de la génétique.

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C’est le résultat de quatre années de travail. Des chercheurs de Surrey au Royaume-Uni et de Lille se sont demandé pourquoi le diabète de type 2 et l’hypertension coexistaient si fréquemment chez les patients.

Bien que des centaines de millions de personnes vivent avec ces deux affections, la science expliquait jusqu’alors ce phénomène par une consommation excessive de sel ou de sucres. Mais là où la recherche franco-britannique innove, c’est en cherchant une explication du côté de la génétique.

Pour ce faire, les équipes du Centre national de médecine de précision de diabètes PreciDIAB ont analysé les profils génétiques de 1 304 personnes.

Publiés le 9 février dans la revue Nature Communications, les résultats des travaux sont sans appel. Selon leur profil génétique, certaines personnes auraient deux fois plus de risques de contracter simultanément les deux maladies. C’est notamment le cas pour les personnes qui sont déjà diabétiques, les personnes obèses ou celles exposées aux maladies cardiovasculaires.

« Avant, on pensait que c’était une coïncidence », explique le professeur Philippe Froguel, auteur senior à l’université de Lille et à l’Imperial College de Londres, ayant participé à ces travaux. Mais désormais, cette avancée promet « une prise en charge plus personnalisée ».

Cet éclairage sur les prédispositions génétiques, « ne constitue qu’une partie de l’équation », tempère la publication. « L’environnement, les comportements et les antécédents médicaux restent des facteurs essentiels, en plus des déterminants génétiques ».

Avoir recours à la génétique est une véritable « tendance » dans la recherche médicale, poursuit le professeur. Aujourd’hui, si la médecine veut être efficace, « il faut pouvoir faire de la prévention, c’est-à-dire pouvoir dire à quelqu’un ‘vous avez tels risques’ et ‘vous devez faire ça’ pour les limiter », et c’est dans cette démarche que s’inscrit son travail sur le diabète et l’hypertension.

En d’autres termes, selon le terrain génétique de chacun, et par extension la prédisposition à contracter une maladie ou une autre, la science peut prodiguer des conseils pour limiter les risques. C’est déjà le cas pour Alzheimer.

« Si quelqu’un est prédisposé génétiquement pour Alzheimer, on est capable de le savoir. Il faudra donc lui conseiller de porter des lunettes, d’arrêter de fumer, ou de corriger son audition », relate le Pr Froguel. Autant de petits ajustements du quotidien qui peuvent « diminuer de moitié le risque ».