Par
Julie Bossart
Publié le
13 févr. 2026 à 13h02
Symbole du chic décontracté à la française, Bensimon est en pleine tempête commerciale. « Nous avons décidé de nous placer sous administration judiciaire, car la situation financière et nos besoins en fonds de roulement étaient devenus très complexes », a déclaré auprès de Fashion Network Yves Bensimon, le P.-D.G. de la marque de prêt-à-porter qu’il a cofondée avec son frère, Serge, il y a plus de quatre décennies à Paris. Mais la saga familiale a commencé bien avant.
Des fripes US aux iconiques baskets en toile blanche
Ses débuts remontent à la Seconde Guerre mondiale, en Algérie, lorsque leur grand-père, Charles, inspiré par le style des GI américains qui ont débarqué à Oran, se met à vendre des stocks de fripes made in USA, retrace la marque sur son site, photos d’archives à l’appui. À la suite des accords d’Évian, la famille s’installe en région parisienne. Au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), elle ouvre alors le plus grand surplus militaire de l’époque.
La marque connaît un nouveau tournant à l’aube des années 1980, lorsque Serge Bensimon rejoint l’affaire paternelle, suivi par son frère. Le premier incarne le créatif, le second, le visionnaire. Le duo déniche des stocks militaires aux quatre coins du monde, qu’il ramène à Paris. La réception d’un ensemble de 100 000 tennis de gymnastique blanches de l’armée française. Un moment clé. Serge Bensimon décide de les teindre, mettant au point une technique capable de colorer la toile sans déborder sur le caoutchouc. Le succès ne tarde pas, impulsé par Jane Birkin qui sera une des premières à l’adopter. « Elle les portait avec un pantalon militaire et un pull Hermès, c’était la plus belle chose au monde », relatait en 2016 Serge Bensimon dans Le Point.
Au fil des ans, la tennis déclinée pour toute la famille a bien évolué, tout comme la marque qui s’est élargie aux vêtements et plus largement à l’art de vivre. En 1989, Bensimon ouvre le tout premier concept store de France, dans le Marais à Paris. La marque innove, enchaînent les collaborations (Lafuma, Virgin Mobile, Monoprix, Jean-Paul Gaultier…) et les ouvertures de boutique, en France et à l’étranger.
Un enchaînement de coups durs
La marque voit toutefois son âge d’or s’achever il y a quelques années, dans un contexte global de crise du prêt-à-porter français. Dans Fashion Network, Yves Bensimon liste les coups durs qui ont nui à l’activité : la crise des gilets jaunes, le Covid-19, des grèves, la concurrence des plateformes chinoises… « Nous avons essayé pendant des années de soutenir l’entreprise en tant qu’actionnaires, indique-t-il. Mais nous sommes arrivés à un point où nous avons réalisé que, pour restructurer l’entreprise, il était plus approprié de nous placer sous la protection du tribunal sont parmi les causes qui ont poussé les deux dirigeants à demander un placement en redressement judiciaire au tribunal des affaires économiques de Paris. »
Pour le P.-D.G. du groupe, qui possède aujourd’hui 22 boutiques et emploie 90 personnes, le faible endettement de la marque est rassurant.
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