Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé vendredi les États-Unis et l’Europe à «réparer et raviver ensemble la confiance transatlantique», arguant que l’appartenance à l’OTAN est également avantageuse pour l’Amérique.
Lors de l’ouverture de la Conférence de Munich sur la sécurité, réunion annuelle des plus hautes personnalités du monde de la sécurité, M. Merz a reconnu une rupture dans les relations transatlantiques au cours de l’année écoulée. La conférence de l’année dernière avait marqué un tournant dans les divergences croissantes entre l’administration Trump et l’Europe.
Cette année, la réunion rassemble de hauts responsables européens, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et de nombreuses autres personnalités. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, devait y participer, mais il a annulé son voyage après une tuerie dans une école de la Colombie-Britannique.
Lors de la conférence de l’année dernière, qui s’était tenue quelques semaines après le début du second mandat du président américain Donald Trump, le vice-président J.D. Vance avait stupéfié les dirigeants européens en leur donnant une leçon sur l’état de la démocratie sur le continent.
Une série de déclarations et de mesures de l’administration Trump visant ses alliés ont suivi, notamment la menace, le mois dernier, d’imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs pays européens afin de garantir le contrôle américain sur le Groenland, territoire semi-autonome du Danemark, membre de l’OTAN. Le président a par la suite renoncé à cette menace.
La liste des nombreuses acquisitions des États-Unis au cours de son histoire Tous les yeux sont rivés vers le Groenland depuis les propos du président américain Donald Trump, qui répète ad nauseam vouloir obtenir le territoire danois à tout prix.
Avec Marco Rubio à la tête de la délégation américaine cette année, les dirigeants européens peuvent espérer une approche moins conflictuelle et davantage axée sur les préoccupations traditionnelles de sécurité mondiale.
Avant de partir pour l’Allemagne jeudi, M. Rubio a tenu des propos rassurants, soulignant l’importance de l’Europe pour les Américains.
«Nous sommes très étroitement liés à l’Europe, a-t-il déclaré aux journalistes. La plupart des Américains peuvent retracer leur héritage, culturel ou personnel, jusqu’en Europe. Il est donc essentiel d’en parler.»
Mais M. Rubio a clairement indiqué que les choses ne se dérouleraient plus comme avant: «Nous vivons dans une nouvelle ère géopolitique, et nous devrons tous repenser notre approche.»
Marco Rubio est arrivé à Munich vendredi et doit prendre la parole lors de la conférence samedi matin.
Depuis la conférence de Munich de l’année dernière, les alliés de l’OTAN, sous la pression de Donald Trump, ont accepté une forte augmentation de leur budget de défense.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a statué qu’un «changement de mentalité» s’était opéré, avec «une Europe qui prend davantage ses responsabilités, qui assume un rôle de premier plan au sein de l’OTAN et qui se soucie davantage de sa propre défense».