Vous vous demandez ce qu’ils vont encore avoir inventé pour remplir Scream 7 ? Le réalisateur vous répond, mais c’est pas rassurant. 

Qu’on aime la saga Scream ou pas, il faudrait avoir vécu dans une grotte toute sa vie (on ne juge pas) pour ne pas savoir que la série de films initiée par le chef-d’œuvre de Wes Craven n’a qu’un maître-mot : méta. Pas dans le sens de Facebook, non, mais dans le sens de “ce néo-slasher va commenter son propre genre en intégrant à son histoire sa conscience d’être un néo-slasher”.

Depuis la fameuse scène au cours de laquelle Randy énumère les règles du film d’horreur dans le premier volet, la saga a sans cesse repoussé les limites du dialogue avec le public, jusqu’à l’épuisement dans les derniers films en date. Qu’en sera-t-il dans Scream 7, le nouvel opus réalisé par Kevin Williamson (scénariste historique de la saga) qui signe le retour de Neve Campbell et Courtney Cox et l’arrivée de Joel McHale et Isabel May ? Le réalisateur répond, et c’est plutôt surprenant, pour ne pas dire inquiétant.

Scream 7 neve campbell

Quand Scream commence à faire peur pas dans le bon sens du termeScream qui ne fait plus du Scream

Auprès du média Empire, Kevin Williamson (qui connaît bien la saga pour avoir scénarisé Scream 1, 2 et 4 mais qui n’a réalisé qu’un seul film jusque-là, Mrs. Tingle en 1999) s’est confié sur les intentions méta du septième volet. Après avoir parlé des règles du slasher dans le premier film, de l’adaptation de faits réels dans le deuxième, des coulisses d’Hollywood dans le troisième, du live-streaming dans le quatrième, des legacyquels dans le cinquième et enfin des fandoms dans le sixième, que pourra encore proposer la saga avec cette nouvelle suite ?

Parce qu’il faut bien avouer que la dimension méta des Scream 5 et 6 commençait à sentir la redite fatiguée, surtout au sein de scénarios pas franchement solides. Heureusement (ou pas), Kevin Williamson a une réponse très claire à cette question :

“Ce film ne cherche pas vraiment à être méta. L’idée c’est de s’intéresser à l’héritage de Sidney Prescott. On s’intéresse à sa fille et au thème de la famille.” 

Scream 7 isabel may

Un slasher centré « sur la famille », bien à l’américaine

Ah. C’est peut-être pire que ce qu’on craignait. Là où pas mal de fans avaient déjà misé sur un discours sur l’IA (qui aurait expliqué le retour au casting de personnages morts, comme David Arquette et Matthew Lillard, qui auraient pu réapparaître sous la forme d’avatars numériques), Williamson annonce qu’il ne faut tout simplement plus s’attendre à une dimension méta dans ce film. Le problème, c’est que cette autoconscience des films fait partie de l’ADN de la saga depuis le début, et a même toujours été sa raison d’être.

Scream pas méta, c’est juste un slasher ringard semblable à tant d’autres, et s’il y a bien une chose dont la franchise n’a pas besoin, c’est de devenir encore plus lisse et vide de sens. En revanche, Williamson promet que le spectateur aura au moins des massacres à se mettre sous la dent :

Scream 7

C’est la reprise pour lui aussi

“On s’était dit qu’on allait essayer d’être moins gore. Et à ce niveau-là, on s’est complètement plantés. J’ai fini par dire ‘Je crois qu’il faut qu’on mette plus de sang’, et Neve m’a répondu ‘Oui, je crois que tu as raison’”.

À voir comment prendre ces effets d’annonce, surtout au vu de Scream 6 qui n’était pas vraiment un modèle de bain de sang. Est-ce que ces déclarations suffiront à faire oublier que Scream 7 tente de recoller les morceaux après le licenciement abusif de Melissa Barrera, le départ de Jenna Ortega en soutien puis l’abandon de Christopher Landon à la réalisation ? Sans doute pas. Mais pour voir ce que ça donne en chair et en os, rendez-vous en salles le 25 février.