Des heurts en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon (Rhône). Selon nos informations, une enquête a été ouverte après que deux personnes liées au collectif identitaire Nemesis ont été blessées jeudi soir lors de violences. L’une d’elles se trouve dans un état grave. Les faits ont eu lieu vers 19 heures. Des militants antifascistes seraient à l’origine de ces agressions.

D’après les déclarations de la directrice du collectif Némésis Alice Cordier sur X ce vendredi matin, l’un d’eux, un agent de sécurité, se trouve « entre la vie et la mort » et son « pronostic vital est engagé ». « C’était une action organisée par notre antenne lyonnaise, cinq ou six filles étaient présentes et des hommes bénévoles s’étaient postés un peu plus loin, prêts à intervenir et faire le service d’ordre si les militantes étaient prises à partie », a-t-elle déclaré dans les colonnes du Figaro.

Une source policière et le parquet de Lyon confirment qu’une des victimes se trouve dans un état critique son pronostic vital étant engagé. Prise en charge dans le Ve arrondissement de Lyon, celle-ci a « été hospitalisée ».

Un agent de sécurité « lynché », selon Némésis

Sur Europe 1 à la mi-journée, Alice Cordier explique que « les filles qui étaient présentes lors de cette action ont décidé de ramener quelques amis, des membres de syndicats étudiants pour intervenir au cas où ». « Ils n’ont pas eu le temps d’intervenir car ils se sont fait lyncher par une milice armée (…) ils ont été pris à partie et quand ils ont voulu partir, il y en a un qui a pris une ruelle et qui a été pris à partie et il a été littéralement lynché avec des gants coqués », a-t-elle décrit.

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Dans un communiqué, Némésis affirme que la victime est âgée de 23 ans. « Quentin a été balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pied », écrit le collectif, selon qui « l’extrême-onction lui a été donnée par un prêtre ».

Selon des images diffusées par le Collectif Némésis sur X, la première victime serait, pour sa part, « une militante ». Sur la vidéo, il est possible de voir un homme de dos attraper par le cou une femme dont le bas du visage est couvert, et la plaquer au sol. « Notre militante souffre de douleurs à la tête et de nausées suite au choc. Une plainte va être déposée », écrit le collectif Némésis.

Contactée par le Parisien, la directrice générale de Nemesis assure que Quentin « ne faisait pas partie d’un groupe politique constitué à Lyon ». Elle demande que les mouvements antifas soient « reconnus comme des organisations terroristes » et réclame « une protection policière pour elle ainsi que pour les cinq porte-parole de son mouvement ».

L’extrême droite dénonce du « terrorisme politique »

Plusieurs personnalités liées à l’extrême droite, dont Alice Cordier et Éric Zemmour, accusent la Jeune Garde, mouvement antifasciste dont la dissolution a été annoncée en Conseil des ministres en juin dernier, d’en être à l’origine.

« C’est du terrorisme politique », dénonce le candidat UDR-RN à Lyon Alexandre Dupalais, tout en pointant la « mansuétude complice de l’État macroniste » vis-à-vis de la Jeune Garde, quand bien même celle-ci a été dissoute. Le candidat demande désormais la « dissolution de LFI » pour reconstitution de ligue dissoute. Il annonce sur X « suspendre sa campagne ».

Selon nos informations, la DCT 69 (Division de la criminalité territoriale) a été saisie de cette affaire. « Une enquête a immédiatement été ouverte par le parquet de Lyon du chef de violences aggravées », confirme le parquet de Lyon. « À ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés », indique-t-il.