Ils sont une vingtaine de pays à travers la planète à concentrer à eux seuls plus des trois quarts des flux touristiques mondiaux. Avec chacun leurs spécificités, leurs publics, des résultats plus ou moins probants lors des dernières années mais aussi, pour la plupart, plein d’ambitions pour ce qui est du reste de la décennie. Alors, quel bilan (de l’année passée) et perspectives à attendre pour ces « destinations phares » ?
Aujourd’hui, on s’intéresse à trois pays proches géographiquement qui, d’une certaine façon, ont vu leur tourisme se développer de la même façon grâce à un mélange de balnéaire, de patrimoine naturel et culturel associé à un coût abordable pour les touristes qui s’y rendent. On parle donc de la Grèce où ce tourisme « moderne » a commencé il y a maintenant un bon demi-siècle, de la Croatie avec son indépendance acquise à la fin du siècle dernier, et puis de cette Albanie qui est cette destination qui monte et ressemble de plus en plus à ce qu’étaient ses deux voisins à leurs débuts.
La Grèce, ce précurseur toujours en grande forme
C’est dans les années 1960-70 qu’a débuté dans le pays ce que l’on appelle le tourisme de masse. Des atouts et des attraits connus désormais de tous et sur lesquels on ne reviendra pas, qui ont propulsé le tourisme grec au premier plan, engrangeant année après année toujours plus de recettes et de visiteurs. Au point que 2025 aura encore vu des records tomber avec plus de 35 millions de visiteurs qui auront rapporté 23 milliards d’euros aux finances publiques.
D’excellents résultats mais qui, comme ailleurs, font que la destination se trouve elle aussi confrontée de plus en plus aux éternelles questions de surtourisme en certains lieux et périodes, d’impacts environnementaux, de manque de logements pérennes, etc, etc. Bref, tout ce dont on parle régulièrement, pour une situation similaire à ce que connaissent de la même façon l’Espagne, le Portugal et l’Italie.
Rien d’étonnant alors à ce que les solutions envisagées ici soient les mêmes que là-bas. Soit un tourisme grec qui devrait s’orienter à l’avenir vers une montée en gamme (avec les prix qui vont avec) pour une clientèle plus dépensière, quitte à être moins nombreuse, et qui visera à mieux répartir les flux touristiques sur l’année et en direction d’autres régions traditionnellement moins visitées comme certaines îles peu connues ou des territoires de Grèce continentale. Cela avec bien sûr son corollaire de réglementations et de taxes, particulièrement en ce qui concerne les croisières, les locations saisonnières, voire ce tourisme festif présent en certains lieux.
Finalement rien de très particulier au vu de ce que le tourisme et son évolution sont en train de devenir dans la plupart des pays très fréquentés de la planète.
La Croatie, comme la Grèce
La destination connaît désormais une trajectoire similaire à celle de la Grèce. Mêmes chiffres records (presque 22 millions d’entrées l’an dernier), mêmes problèmes et mêmes solutions envisagées. Tout cela afin de rappeler que la Croatie ne se limite pas qu’à Dubrovnik et son littoral à découvrir en été…

L’Albanie, un formidable essor peut-être trop rapide
C’est la destination européenne dont on parle de plus en plus pour de futures vacances. Cette Albanie longtemps pays le plus fermé au monde et qui maintenant semble vouloir rattraper le temps perdu au point de devenir LA prochaine destination balnéaire (mais pas que…) incontournable. Et entre une part encore de mystères, un côté hors sentiers battus, des coûts abordables (mais pour combien de temps ?), des projets à la pelle sur le littoral, une desserte aérienne en plein développement, etc, etc, c’est vrai qu’elle pourrait sous peu le devenir.
En tous cas c’est bien parti pour, puisque 2025 aura encore vu exploser la fréquentation avec plus de 12 millions de visiteurs qui se seront pour beaucoup posés sur son littoral alors que d’autres auront exploré les nombreuses richesses naturelles et culturelles de l’intérieur. Une évolution qui ressemble à ce qu’en leur temps la Grèce puis la Croatie auront elles-mêmes connue. Sauf qu’ici les choses se sont passées très vite, en ces quelques années qui auront vu l’Albanie passer du « rien » au « tout » au niveau touristique. De quoi peut-être penser alors que le pays connaîtra bientôt les mêmes dérives avec un surtourisme de masse et les effets que cela entraîne généralement.
Quoique, finalement, rien ne soit moins sûr lorsqu’on regarde les choix et orientations envisagés par les autorités de Tirana pour ce qui est de l’avenir. Car, plutôt que de profiter à outrance d’un volume sans cesse croissant de visiteurs « grand public », l’Albanie envisagerait plutôt de se positionner directement et au plus vite sur le créneau d’une clientèle haute contribution, avec les infrastructures et services qui vont avec.
Ce qui se traduit déjà par une recherche de nouveaux marchés, à commencer par ceux d’Europe de l’Ouest, voire d’Asie, pour plus de dessertes aériennes ciblées et l’ouverture prochaine d’un nouvel aéroport à Vlorë afin de faciliter l’accès direct au sud du pays.
Puis il y a cette stratégie qui vise à doubler sous peu les capacités d’accueil pour avant tout des hôtels plutôt luxe sur le littoral du côté de Saranda. Et si on ajoute à cela l’envie d’un « tourisme des quatre saisons » réparti sur tout le territoire avec une offre diversifiée, incluant nombre de thématiques en tous genres, on voit alors vers où le pays compte se diriger. Au point que certains s’accordent à dire que 2026 sera sans doute la dernière année pour profiter de l’Albanie telle qu’elle était « autrefois », avec ce rapport qualité-prix ultra-compétitif, avant que celle-ci ne s’aligne totalement sur les standards touristiques et tarifaires de ses voisins croates ou grecs…