Monsieur le Président,

Je voudrais tout d’abord remercier l’Envoyé spécial adjoint M. Claudio Cordone, et Mme Lisa Doughten du Bureau de la coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies, de leurs exposés. Je voudrais également remercier Mme Muzna Dureid, co-fondatrice du Mouvement politique des femmes syriennes, pour son témoignage et ses commentaires devant ce Conseil.

La France salue l’accord global du 29 janvier signé entre les autorités syriennes et les Forces démocratiques syriennes. Cet accord vient conclure une escalade préoccupante, que la France a pris en compte au plus haut niveau. Cet accord acte l’intégration des Forces démocratiques syriennes dans l’appareil militaire, sécuritaire et administratif de l’État syrien, tout en garantissant les droits politiques des Kurdes de Syrie. Le Conseil de sécurité doit veiller à la mise en œuvre effective de cet accord.

En déplacement en Syrie et dans la région la semaine dernière, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, a rappelé le soutien de la France, aux côtés de nos partenaires, à la transition syrienne.

Alors que le pays entame une étape vers une Syrie plus unie et plus souveraine, la France formule trois messages en vue d’appuyer ce cheminement attendu de toutes et tous :

1/ Tout d’abord, le combat international contre Daech doit se poursuivre sans relâche, dans un contexte de résurgence de la menace terroriste en Syrie.

La sécurisation des camps et prisons du Nord-Est syrien doit être assurée afin de ne pas créer de faille susceptible d’être exploitée par Daech. L’expertise acquise par les Forces démocratiques syriennes, intégrées à l’appareil sécuritaire syrien, peut être mise au service des enjeux de sécurité communs.

Nous restons engagés dans l’effort collectif de lutte contre Daech dans le cadre de la Coalition internationale. Il en va de notre sécurité à tous.

2/ Ensuite, la Syrie ne pourra se relever qu’une fois la paix retrouvée et sa transition solidement ancrée.

La France soutient fermement les autorités syriennes dans la poursuite de la transition actuellement enclenchée. La France est constante dans l’appel en faveur de la participation et de l’inclusion de toutes les composantes de la société syrienne. La participation effective des femmes à la vie politique syrienne sera déterminante.

Nous sommes prêts à appuyer les efforts de justice transitionnelle pour qu’ils se traduisent en actes, afin d’amorcer une nouvelle ère où aucun crime ne sera impuni. La récente visite à Paris d’une délégation syrienne conduite par le vice-ministre de la Justice et le Procureur général syrien a illustré cette coopération. L’appui des mécanismes des Nations unies est là aussi essentiel.

Monsieur le Président,

Cette pacification est la seule à même de garantir la stabilité nécessaire pour attirer les investissements et tracer le chemin vers un relèvement économique durable.

3/ Le Conseil doit également soutenir l’intégration de la Syrie dans son voisinage pour favoriser une stabilité régionale.

Nous encourageons le rapprochement avec le Liban et saluons le récent accord sur le transfert de prisonniers. Un accord sécuritaire doit être conclu avec Israël, dans l’intérêt des deux parties. La France salue les progrès réalisés sur cette voie. Il est important qu’Israël cesse ses incursions sur le sol syrien et saisisse, enfin, la main tendue d’une Syrie désireuse de pacifier ses relations.

Monsieur l’Envoyé spécial adjoint,

La France soutient la présence de votre bureau à Damas, pour accompagner la transition politique en Syrie en capitalisant sur l’expertise reconnue des Nations unies, dans le plein respect de la souveraineté syrienne.

Pour conclure, le Conseil de sécurité doit continuer de soutenir le peuple syrien qui avance avec détermination vers un avenir plus prospère, plus stable et plus sûr.

Je vous remercie.