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L’éboulement de la RN20 plonge les commerçants du Pas de la Case dans l’incertitude. Avec des pertes inquiétantes, ils attendent des mesures de soutien alors que la commune andorrane est vidée de sa clientèle française habituelle.

Résignés et profondément inquiets : au Pas de la Case, les commerçants redoutent des mois difficiles après l’éboulement qui a coupé la RN20. Ce mercredi 11 février, ils sont dans l’attente de mesures de soutien des autorités andorranes et françaises, mais aussi d’une clientèle qui a disparu depuis le 31 janvier 2026. Cette date, ils s’en souviendront. Cette nuit-là, un éboulement d’une intensité rare a rendu la RN20 impraticable pour une durée estimée à au moins trois mois. Cet axe est le chemin privilégié de nombreux Français qui viennent faire leurs courses dans cette station de ski aux airs d’immense centre commercial à ciel ouvert.

« Pour les Toulousains, il faut 4 h pour venir ici »

« On a vu l’impact directement », assure Marc en montrant la boutique où il travaille désespérément vide. Employé d’un des innombrables magasins de tabac et d’alcool à prix cassés du Pas de la Case, le quadragénaire ne peut que constater les dégâts. Comme dans de nombreux magasins, les clients se comptent sur les doigts de la main et les mines sont grises. « C’est simple, pour l’instant on est à 80 % de pertes », confie un commerçant qui espère des actions pour venir en aide au secteur qui a d’ores et déjà tiré la sonnette d’alarme. Le pourcentage des pertes avait déjà été évalué à 70 % par Gérard Pifarré, membre du Conseil économique et social local quelques jours plus tôt.

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« Imaginez, pour les Toulousains, maintenant, il faut 4 h pour venir ici », lance un caissier, affable et visiblement extrêmement préoccupé par la situation. « Pour aller à La Jonquera, c’est 2 h 30, bien sûr qu’ils ne vont plus venir ici ». Un autre employé interrogé souffle même avoir peur pour son emploi, dans les semaines à venir.

« C’est comme ça, on ne peut pas faire autrement, mais espérons que la situation se règle au plus vite », nous dit-on dans un magasin de textiles. « Mes clients me l’ont dit, ceux qui sont venus sont ceux qui avaient des réservations et qui n’ont pas pu annuler ». Dans les rues, les plaques françaises ne sont pas légion et peu viennent de la région. « Nous sommes du Nord, nous avions prévu le voyage depuis longtemps, donc on a maintenu », explique Patricia, les mains remplies de sacs plastiques. Son fils tient dans ses bras une petite cagette de canettes de boissons énergisantes, en attendant son père parti dans un autre supermarché. « On fait du ski et les courses », se réjouit la mère de famille. « Le problème, c’est que nous comptons principalement sur les personnes qui viennent à la journée, et beaucoup moins sur les personnes qui viennent skier », commente une commerçante. Le constat est sans appel : les skieurs ont remplacé les clients habituels des supermarchés au Pas de la Case.

« On a pris le train et le taxi »

Dans les rues de la commune andorrane, les gens semblent en effet avoir troqué les sacs et autres cartons remplis de courses contre les paires de ski… « C’est drôle, les bus sont bien plus remplis par les skieurs », s’amuse Marie qui est venue de Pamiers avec son mari, Nicolas pour la journée. Ils ont bravé des conditions de transport dantesques et le regrettent amèrement…

L’attente à l’arrêt de bus de l’église du Pas de la Case.

L’attente à l’arrêt de bus de l’église du Pas de la Case.
DDM

Pour éviter les plus de 3 h de voiture qui séparent désormais la commune ariégeoise du Pas de la Case, le couple a choisi la voie ferroviaire. « On a pris le train jusqu’à L’Hospitalet-près-l’Andorre, puis un taxi jusqu’ici ». Arrivés à 13 h et après 2 h de courses, ils attendent une navette pour repartir à 17 h 30, alors que la neige commence à tomber. « On a raté la précédente, donc on poireaute depuis 16 h, et j’espère qu’il n’y aura pas de contrôles à la douane, sinon on va rater notre train », bougonne Marie, frigorifiée, qui a hâte de retrouver la chaleur de son foyer. « Il faudrait peut-être que la France et l’Andorre coordonnent mieux l’organisation des navettes », questionne-t-elle.