Par Yvan
Jourdan –
Publié le 14 Fév 2026 à
09:00
Surproduction de poireaux :
pourquoi les supermarchés appellent à l’aide, et comment les
consommateurs peuvent sauver la filière.
Cet hiver, un vent d’inquiétude souffle sur les étals des
supermarchés. Auchan, Carrefour, Casino, Coopérative U et
Intermarché lancent une mobilisation inédite : ils appellent les
Français à acheter des poireaux pour soutenir une filière en crise.
« Si les volumes ne sont pas consommés très rapidement, ils
risquent d »être perdus, entraînant une chute des prix pour les
producteurs », alerte leur communiqué commun relayé par
Le
Figaro et France
Info le 10 février. En cause, une météo trop clémente qui
a dopé la pousse du légume emblématique de l’hiver. Résultat : une
récolte massive qui dépasse les capacités de vente habituelles, au
risque de tout perdre.Une météo trop douce,
une crise immédiateDerrière cette situation tendue se cachent « des conditions
climatiques exceptionnellement douces », selon les enseignes,
qui ont entraîné une surproduction brutale. À l’image du
chou-fleur quelques semaines plus tôt, le poireau se retrouve
aujourd’hui victime de son propre succès météorologique.Les volumes s’accumulent, les chambres froides saturent, et la
filière agricole vacille. La mobilisation des distributeurs passe
alors par un renforcement massif de la visibilité du produit :
« Renforcement des volumes du poireau français référencés »,
« mise en avant » et « théâtralisation en magasin »,
promettent-ils.Le poireau en danger, l’acte d’achat
comme dernier levierMais cette stratégie marketing ne suffira pas sans l’engagement
des consommateurs. Le message des enseignes est clair : « Si la
mobilisation des distributeurs est pleinement engagée, la sortie de
crise repose également sur l’acte d’achat. » La filière
agricole, déjà éprouvée par des années de
pression sur les prix, ne peut se permettre une nouvelle chute
brutale des revenus.D’après France Info, ce sont des tonnes de légumes qui
risquent la benne en l’absence de réponse rapide. Le
Figaro rappelle que ce même mécanisme avait déjà conduit les
producteurs de choux-fleurs à alerter sur une menace de pertes
massives.La FDSEA alerte : les prix ne couvrent
plus les coûtsLe syndicat agricole FDSEA de la Manche avait d’ailleurs prévenu
dès la fin 2025 que « les prix du poireau et des choux se sont
effondrés, au point de ne plus couvrir leurs coûts de
production ». Un signal d’alarme que la grande distribution
semble avoir entendu, mais qui appelle désormais un geste collectif
de la part des consommateurs. Soupes, fondues, quiches ou tartes,
toutes les recettes sont bonnes pour éviter le gaspillage. Derrière
un légume ordinaire, c’est une partie de l’agriculture française
qui joue sa survie.