Rayon biscuits : alerte de 60 Millions sur les goûters des
enfants
Devant le rayon biscuits, on croit bien faire en choisissant le
paquet fétiche des goûters familiaux. Les derniers comparatifs de
l’Institut national de la consommation via 60 Millions de
consommateurs rappellent qu’une marque star peut être une
très mauvaise idée pour la santé des petits-enfants. En 2019 et en
2022, le magazine a passé au crible des dizaines de biscuits de
supermarché avec le Nutri-Score et l’analyse des ingrédients.
Résultat, un biscuit culte ressort régulièrement très mal
classé.
Le constat général est sévère. En 2019, sur 36 références
testées, 31 affichaient un Nutri-Score E, avec trop de sucres,
d’acides gras saturés et très peu de fibres. En 2022, sur 24
biscuits nappés et gâteaux fourrés, 17 tombaient sous la moyenne de
10 sur 20. Et parmi eux, une marque immensément connue décroche
l’un des plus mauvais scores. Laquelle ?
Granola de Lu parmi les pires biscuits selon 60 Millions
Place au nom. Les biscuits Granola de Lu
figurent parmi les pires du classement de 60 Millions pour les
goûters d’enfants. Dans le test 2022, la référence chocolat au lait
reçoit 5,5 sur 20, associée à un Nutri-Score E et un excès
d’acides gras saturés. L’alerte ne porte pas sur
le goût, mais sur le profil nutritionnel global et la liste
d’ingrédients. Pour situer l’ampleur, les Choco Pépites
Milka ne font pas mieux avec 5 sur 20, très sucrés et
salés pour un biscuit.
Le panorama s’élargit vite. Les Doodingues à la fraise de Casino
culminent à 23 g de sucres par portion, soit une bombe sucrée pour
un goûter. Le Kinder Délice affiche 27
ingrédients, record d’additifs pour un produit ciblant les enfants,
quand Lulu l’Ourson en cumule déjà neuf. En
moyenne, 50 g de biscuit apportent 14 g de sucres, autour de 30 %
de la journée ; si l’on retient la limite de 25 g par jour suggérée
par l’OMS, on grimpe à environ 56 %. L’étiquette raconte tout,
encore faut-il savoir la lire.
Nutri-Score, NOVA 4 et acrylamide : comprendre les mauvais
points
Le problème n’est pas qu’une affaire de calories. Les experts de
60 Millions décrivent des recettes très ultra‑transformées : sirop
de glucose-fructose, amidons modifiés, huiles végétales raffinées,
arômes, émulsifiants. Cette matrice artificielle accélère
l’assimilation du sucre et perturbe la satiété, ce qui pousse à en
reprendre. Cas d’école évoqué par les spécialistes, les barquettes
à la fraise contiennent souvent moins de 3 % de fruit réel, le
reste tient à des concentrés et gélifiants. Une promesse fruitée,
un résultat surtout sucré.
Le Nutri-Score aide à résumer ce profil en une
lettre colorée. L’énergie élevée, les sucres et les graisses
saturées plomblent la note, tandis que le manque de fibres empêche
la remontée. Beaucoup de biscuits finissent en E. Autre angle
surveillé par 60 Millions, la présence
d’acrylamide, contaminant né de fortes cuissons,
repérée dans certaines gaufrettes ou biscuits à croûte très
grillée. En 2019, des références comme Napolitain ou Pim’s
n’échappaient pas aux critiques pour leur profil nutritionnel et
leur liste d’additifs.
Que mettre dans le caddie de Mamie sans
se tromper ?
Devant l’étagère, trois réflexes suffisent en 10 secondes.
D’abord, regarder l’ordre des ingrédients : si sucre ou sirop de
glucose-fructose arrive en premier ou deuxième, on repose. Ensuite,
compter les additifs listés sous forme de E… ; au‑delà de trois, on
frôle le NOVA 4. Enfin, appliquer la règle
des 5 ingrédients : farine, beurre, sucre, œufs, sel ; si
la liste ressemble à un cours de chimie, c’est non. Deux chiffres
clés à viser par 100 g, moins de 20 g de sucres et le minimum
d’acides gras saturés.
Pour un goûter plaisir mais mieux cadré, 60 Millions met en
avant des options moins mal notées. Les moelleux chocolat noix
Gerblé obtiennent 13 sur 20 avec un Nutri-Score B, et les biscuits
nappés chocolat noir Bio Village tournent à 12 sur 20. Côté panier,
on peut alterner avec pain complet et carré de chocolat noir, fruit
de saison, compote sans sucres ajoutés avec quelques amandes,
yaourt nature et muesli peu sucré, ou deux sablés maison en 5
ingrédients. L’idée n’est pas d’interdire, juste de passer du
quotidien à l’occasionnel.