Par Yvan
Jourdan –
Publié le 14 Fév 2026 à
15:30
Assurance-vie, livrets, PFU à 30 %
: Sébastien Lecornu envisage une hausse de la fiscalité. Ce que
cette réforme pourrait changer pour votre épargne.
L’épargne des Français est-elle en train d’entrer dans une
nouvelle ère fiscale ? Depuis le 19 janvier 2026, plusieurs médias
évoquent une
réforme portée par le gouvernement de Sébastien Lecornu visant
les placements préférés des ménages : l’assurance-vie et les
livrets réglementés. Une perspective qui alimente l’inquiétude chez
les épargnants. Pour l’heure, aucune loi n’a été adoptée. Il s’agit
d’une piste étudiée par le ministère dans le cadre d’une réflexion
budgétaire plus large. L’objectif affiché consiste à augmenter les
recettes publiques sans toucher à la TVA ni à l’impôt sur le
revenu. Selon les informations publiées par la presse, le
Prélèvement Forfaitaire Unique pourrait être au cœur de cette
évolution.
Le
Prélèvement Forfaitaire Unique à 30 % dans le viseur
Le Prélèvement Forfaitaire Unique, actuellement fixé à 30 %,
s’applique aux revenus du capital. Cette flat tax constitue
aujourd’hui le cadre fiscal des intérêts générés par de nombreux
placements financiers. D’après Le Bœuf
Canard,
cette taxation forfaitaire pourrait faire l’objet d’une
modification substantielle. Le gouvernement chercherait ainsi à
diversifier ses sources de financement dans un contexte de déficit
budgétaire persistant.
Duteurtre précise que cette réforme viserait
directement les revenus du capital afin de générer des recettes
supplémentaires sans modifier les impôts traditionnels. Une telle
évolution pourrait réduire le rendement net perçu par les
épargnants. Les professionnels de la gestion patrimoniale
anticipent déjà un impact sur l’attractivité des placements
français. Les deux sources évoquent un possible déplacement de
capitaux vers des pays comme le Luxembourg ou la Belgique, où la
fiscalité est perçue comme plus avantageuse.
Assurance-vie et livrets réglementés, des placements massivement
concernés
L’assurance-vie
représente un pilier central de l’épargne française. Avec 1 900
milliards d’euros d’encours et environ 40 % des ménages détenteurs,
elle constitue un levier majeur pour l’investissement et la
préparation de la retraite. Une hausse du PFU diminuerait
mécaniquement le rendement net de ces contrats. Les gestionnaires
de patrimoine s’inquiètent d’éventuels arbitrages vers d’autres
classes d’actifs.
Les livrets réglementés, détenus par plus de 80 % des ménages
selon Duteurtre, sont également
concernés. Ils constituent l’épargne de précaution de nombreuses
familles, notamment les plus modestes. Les retraités apparaissent
parmi les plus exposés. Selon les deux publications, la combinaison
d’une inflation persistante et d’une fiscalité alourdie pourrait
affecter leurs revenus complémentaires issus des placements.
Face à ces incertitudes fiscales, certains épargnants envisagent
des solutions alternatives. En effet, il s »agit d’un regain
d’intérêt pour les métaux précieux, notamment l’or physique. Ces
actifs tangibles échappent aux réformes fiscales successives et
apparaissent comme une protection face à l’instabilité
réglementaire. De plus, cette tendance pourrait détourner une
partie de l’épargne nationale du financement de l’économie
réelle.
Par ailleurs, les deux sources mentionnent une autre piste
gouvernementale : le renforcement de la taxation des billets
d’avion, dans une logique budgétaire et écologique. À ce stade,
aucune mesure n’est encore votée. Les discussions restent à
définir, mais les hypothèses avancées par les deux magazines
dessinent déjà un possible repositionnement de l’épargne
française.