Deux jeunes gens avaient été contrôlés en possession de plusieurs armes sans autorisation de transport au printemps 2025 à la sortie d’un stand de tir dans le 12e arrondissement de Marseille. Ils ont été condamnés à des travaux d’intérêts généraux.

/ Photo illustration Gilles Bader

« On n’a pas affaire aux délinquants du siècle, mais à deux imbéciles qui ont voulu passer un bon moment. » La formule un peu triviale dans la bouche d’un magistrat du parquet, résume bien l’affaire qui a conduit Jean G. et Roman P.J., respectivement 26 et 21 ans, devant le tribunal correctionnel de Marseille vendredi 6 février. Le tandem avait été intercepté le 18 mars dernier lors d’un contrôle routier dans la cité phocéenne par un équipage de policer, conducteur et passager d’une BMW à l’avant enfoncé.

Sur le siège arrière bien en évidence, une mallette noire siglée SAPL, l’emblème d’un fabricant d’armes parfaitement reconnaissable. Benoîtement, Roman P.J. avait reconnu en être le propriétaire, et signalé qu’il était en possession d’autres armes dans le coffre et d’une glissée à sa ceinture.

Armes de poing, gazeuse et Opinel

D’autres avaient été retrouvées avec des munitions lors d’une perquisition à son domicile ; principalement des armes de poing de défense (type gomm cogne permettant l’envoi de balles de caoutchouc notamment), mais aussi un Opinel et une gazeuse saisis dans la voiture le jour de l’interpellation.

Placé en garde à vue, le duo avait admis la détention de ces armes et expliqué qu’il sortait du stand de tir des Trois Lucs (12e) où Roman P.J. avait sollicité une attestation de licence de tir. Il croyait ainsi être dans son bon droit, ont-ils justifié candidement à la barre. « J’avais tout acheté légalement. Je n’ai jamais eu d’intention violente, plus une fascination des armes et un intérêt dans la pratique du tir. ». La présidente Mandana Samii a creusé : « D’où vient cette fascination ? ». « J’ai joué pas mal aux jeux vidéo, je m’intéresse aux alliages… », a répondu le jeune homme qui ne possède plus aucune arme aujourd’hui.

« Ils m’ont dit : « On s’en bat les c*** de ton saucisson »! »

« Moi, j’avais juste la gazeuse et l’Opinel, a poursuivi Jean G. Je me suis fait violemment agresser en 2024, depuis je ne sortais plus sans gazeuse. Et l’Opinel, c’était pour pique-niquer, pour couper le saucisson. Quand j’ai voulu donner le saucisson aux policiers ils m’ont dit – J’ai le droit de le dire ? – ils m’ont dit : « On s’en bat les c*** de ton saucisson »! » Rires dans la salle.

Face à ces deux « pieds nickelés » de la détention d’armes, aux casiers vierges à l’exception d’une ordonnance pénale pour détention d’arme blanche antérieure à son arrestation pour Roman P.J., la justice a été clémente. Le procureur Pierre-Yves Pezzino avait requis 210 heures de travaux d’intérêt général pour chacun, ils en effectueront 105 heures.