Quentin, un militant nationaliste âgé de 23 ans, est mort ce samedi après avoir été blessé, jeudi soir, à Lyon. Le jeune homme était en état de mort cérébrale.

Quentin, militant nationaliste âgé de 23 ans, est mort après un violent affrontement survenu jeudi soir à Lyon, a appris BFMTV du parquet ce samedi 14 février.

Le jeune homme avait été pris en charge par les pompiers à 19h40 dans le 5e arrondissement avec un hématome important à la tête. Il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, avant de succomber à ses blessures.

Affrontement en marge d’une conférence de Rima Hassan

Les faits se sont produits en marge d’une intervention à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Lyon de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, conviée à une conférence sur le thème des relations entre l’Union européenne et les gouvernements européens dans le cadre du conflit au Proche-Orient.

Le collectif d’extrême droite identitaire Nemesis avait décidé de perturber sa venue en organisant avec six militantes un happening devant l’IEP. Selon une source proche, une dizaine de militants nationalistes locaux étaient venus en renfort pour assurer leur service d’ordre.

De source policière, une rixe a débuté autour de 18h30 entre des militants d’extrême gauche et le collectif Nemesis et son service d’ordre. Selon nos informations, cette première rixe a concerné une cinquantaine de personnes.

Nemesis évoque, sur les réseaux sociaux, un « lynchage » de ses militants et militantes à cette occasion. Une jeune femme est alors blessée, sans que son pronostic vital ne soit engagé.

Les circonstances restent à « déterminer »

Dans un second temps, une course-poursuite entre les belligérants a débuté dans les rues proches de l’IEP. Selon une source policière, deux groupes rivaux d’extrême droite et d’extrême gauche finissent par s’affronter 2 kilomètres plus loin, quai Fulchiron. Chaque groupe était composé d’une vingtaine de militants.

Dans des circonstances qui restent à éclaircir, Quentin D., a été violemment frappé. On ignore qui l’a frappé, s’il y avait plusieurs agresseurs et à quel endroit exactement. Selon Alice Cordier, leader de Nemesis, « il a pris un coup fort à la tête ».

D’après l’avocat de la famille du militant, Me Fabien Rajon, « la thèse de la simple rixe entre deux groupes rivaux ne semble pas correspondre à la réalité des fait ». « Il s’agirait plutôt d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée », a-t-il déclaré dans un premier communiqué.

Dans un second communiqué publié ce vendredi après la mort du jeune homme, la famille de Quentin « souhaite dénoncer, en conscience, non seulement des violences aggravés mais un meurtre, visiblement commis en bande organisée ».

Contacté par BFMTV, le parquet de Lyon reste prudent sur le déroulement des faits. Il indique qu’une enquête pour « violences volontaires aggravées » a été ouverte. Et que « le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés ».

Etudiant et militant nationaliste

Etudiant en mathématiques âgé de 23 ans, Quentin était un militant de la mouvance nationaliste lyonnaise qu’il a intégrée il y a environ deux ans, d’après des proches interrogés par BFMTV. Catholique, il était très engagé dans la vie de sa paroisse.

D’après Me Rajon, malgré les déclarations des militantes de Nemesis, « le jeune Quentin n’était ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre et qu’il n’avait aucun antécédent judiciaire ».

« Quentin n’a jamais été mis en cause dans la moindre affaire et encore moins pour violence par le passé, son casier judiciaire est vierge », assure l’avocat. Pratiquant « le tennis et la philosophie », il a selon sa famille « toujours défendu ses convictions de manière non-violente ».