Alhadj a fait la route depuis Aix-en-Provence. À Noailles (1er), liste de courses en main, il slalome entre les rayons de la boucherie Halal Market ce mercredi 11 février. « Chorba, tajine kefta, grillades… J’ai pris 2 kg de volaille et de bœuf », se dit-il, couvert par le bruit des encaissements.
Cette année, le ramadan débute ce mardi 17 février. Et comme chaque année, les enseignes halal tournent à plein régime. Dans cette boucherie du centre-ville, « c’est 50% de plus de chiffres d’affaires durant la première semaine », estime le patron, Moussa El Keurti.
La fin du ramadan dans l’entre-deux tours des élections
À Saint-Louis (15e), au King Halal, les caddies débordent aussi. Devant les étals de fruits secs, Fatima remplit ses sacs de courses à la chaîne. Mère de six enfants et aide ménagère la nuit, elle anticipe les préparatifs. « Je cuisine et je congèle. Le ramadan, c’est sacré, soutient-elle. C’est du travail mais c’est surtout un moment de joie où on se retrouve en famille. On discute beaucoup. »
Alors que le jeûne annuel se termine quatre jours après le premier tour des municipales, certains parleront peut-être de politique. Au rayon frais, feuilles de bricks dans le sac, Mina n’y voit pas d’intérêt. « Je suis l’actualité mais je n’ai jamais voté, ça ne m’intéresse pas. Les candidats ne nous représentent pas », explique cette coach sportive de 57 ans. De ses élections, Johara n’attend plus rien non plus. « Ils ne font que brasser de l’air mais n’agissent pas réellement pour les Marseillais », s’agace cette habitante de Saint-Louis qui ne vote plus depuis les dernières municipales de 2020. À côté, Saousen se rendra, elle, aux urnes. « C’est important de voter dans le contexte politique actuel », souligne la trentenaire, poussette en main.
« Les fidèles ne voteront jamais pour le RN »
D’autant que selon les derniers sondages, le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio est au coude à coude avec le maire sortant Benoît Payan (DVG). Ce qui inquiète Djamel Zekri, président du Conseil départemental du culte musulman. « Nous vivons dans un monde où les musulmans n’ont jamais été autant cités dans le débat public ces dernières années. L’avenir des citoyens musulmans se joue dans les élections qui approchent. Si l’extrême droite est au second tour, je m’engagerai personnellement afin de dresser un vote anti RN ».
De son côté, Ali Dahmani, président de la Mosquée de la Capelette appelle à la plus grande vigilance. « On sait que le Rassemblement national est un parti d’extrême droite. Et que les fidèles ne voteront jamais pour un tel parti, avant d’ajouter À la Mosquée, on fera quelques annonces pour que les fidèles votent mais on ne va certainement pas leur dire pour qui voter. Aujourd’hui, nous voulons un maire qui n’opprime pas les musulmans, un maire correct qui respecte toutes les communautés : juive, chrétienne et musulmane. »