Posted On 15 février 2026

Ce mercredi, à la salle Moyrand, la salle était pleine et l’ambiance électrique entre les candidats. Romain Gentil, essoufflé par une campagne dont la dimension le dépasse, était le seul à s’être fait porter pâle auprès de Jean-Noël Pusel, président de l’Union de quartier Abbaye-Jouhaux qui organisait le débat.

LES CANDIDATS D’OPPORTUNITÉ SE PLANTENT

Le contrat était simple : 7 questions, issues des demandes directes des habitants, sur tous les sujets clés d’une campagne municipale qui concernent le quartier. L’échange a surtout été l’occasion de mettre la lumière sur le ridicule des candidats d’opportunités, qui ne s’intéressent à Grenoble qu’en période électorale et qui dans leur ensemble refusent d’émettre des propositions concrètes pour redresser les finances municipales.

FINANCES : UN FESTIVAL D’AMATEURISME

Le sujet des finances par exemple a été un révélateur de l’impréparation et de l’amateurisme. Ainsi le candidat Allan Brunon (LFI) juge la hausse de la taxe foncière « seulement mal faite ». C’est un aveu : il approuve le matraquage fiscal des Grenoblois. Hervé Gerbi (Monsieur 5%) considère la dette de la ville comme un simple « embêtement », quand Amandine Germain (représentant Laurence Ruffin absente), sans aucune précision, veut rechercher de « nouvelles recettes », comme des « fonds citoyens ». C’est à dire taper dans le portefeuille des habitants comme si ce n’était pas déjà suffisamment le cas.

AU ROYAUME DES AVEUGLES… LE DÉLINQUANT EST ROI ! 

Sur la sécurité, la palme du nawak revient sans concurrence au Grenoble Alpes Collectif (collectif faussement citoyen mais réellement d’extrême-gauche), qui considère que Grenoble « n’a jamais été aussi peu violent » et « peace and love » (!), et que ce « sont les pauvres qui se tuent entre eux ».

Tout va bien à Grenoble. Capture d’écran actu Grenoble

La représentante de Piolle/Ruffin est dans le même ordre de déni. Pour elle, la sécurité est avant tout affaire de « sérénité », et Grenoble doit y participer… en travaillant à des « réunions hebdomadaires pour un « pacte renforcé ». Elle pousse la politique de l’autruche jusqu’à affirmer que la protection n’est absolument pas « l’alpha et l’oméga » dans le débat, suscitant un tollé parmi l’assistance. 

LA LISTE « RÉCONCILIER GRENOBLE » SEULE PROPOSE UN PLAN CRÉDIBLE

Nathalie Béranger, qui représentait Alain Carignon retenu par une autre réunion au début du débat, a elle présenté chiffres et mesures concrètes : PC sécurité opérationnel 24h/24 d’envergure métropolitaine, embauche massive de policiers, armement des équipes, formations renforcées, investissements régionaux pour financer la vidéoprotection à hauteur de 4 millions d’euros : « ces policiers supplémentaires, armés, entraînés, formés, et des caméras financées par la Région sont un outil (…) nécessaire, surtout pour la protection et la sécurité des femmes, qui ont de plus en plus peur de sortir seules ».

Nathalie Béranger représentait Alain Carignon au début du débat
LES VERTS ET L’EXTRÊME-GAUCHE VEULENT TOUJOURS PLUS DE PAUPÉRISATION

Même foire pour ce qui touche à l’urbanisme. Sur la réhabilitation de la cité de l’Abbaye, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste, LO (Lutte Ouvrière) et Brunon en sont encore à fustiger ce qu’ils voient comme de la gentrification… alors que le projet du promoteur privé choisi par la municipalité est tombé à l’eau parce que c’est précisément l’inverse qui mine le quartier, à savoir une paupérisation galopante. 

Mais la plus mauvaise note revient à Amandine Germain, Marie-Chantal en second, qui veut confier à Grenoble Habitat et ACTIS la rénovation de la Cité de l’Abbaye, ce qui ne ferait qu’aggraver cette spirale. Ca a toutefois le mérite d’être transparent sur la trajectoire de la ville qu’entend poursuivre Ruffin, qui veut 5000 HLM supplémentaires pour toujours plus appauvrir Grenoble. 

LA VILLE EST SALE ? NETTOYEZ VOUS-MÊMES !

Sur la propreté, mention spéciale au Grenoble Alpes Collectif qui propose que les habitants nettoient eux-mêmes leurs saletés, sans rétribution. Les Grenoblois payent déjà les impôts les plus élevés des grandes villes et il faudrait en plus qu’ils assurent le service eux-mêmes. 

Amandine Germain se perd dans les considérations habituelles des Verts, complètement déconnectées sans rien à proposer, sur la « diversité des services » et des « permanences du quotidien » sans pouvoir expliquer la forme qu’elles prendraient concrètement et en quoi cela rendrait la ville plus propre.

À l’extrême-gauche c’est encore plus clair. Pour Allan Brunon de LFI (La France Insalubre ?), « on ne peut pas garantir une ville propre ». Le NPA (Nouveau Parti Antipropreté ?) et Lutte Ouvrière refusant eux de répondre, et parlant sans vergogne d’autre chose au mépris des habitants pour qui c’est un vrai sujet. 

LE PLAN PROPRETÉ D’ALAIN CARIGNON

Il n’y avait là encore qu’Alain Carignon, serein et factuel, pour dérouler un plan précis, défendant le message de la fusion des gouvernances Ville-Métropole pour rationaliser la prise de décision directe et améliorer l’efficacité du service, cœur du réacteur d’un ensemble de mesures pour nettoyer la ville rapidement : ciblage des secteurs les plus dégradés avec des équipes d’intervention garanties 7 jours sur 7, agents territorialisés et 100% polyvalents, capables de traiter tous les problèmes de propreté de leur secteur plutôt que de cloisonner les tâches…

LA GRATUITÉ IMAGINAIRE, LA DÉMAGOGIE BIEN RÉELLE

L’éducation, la jeunesse, le sport ont ensuite été présentés par Amandine Germain comme étant au cœur du projet de Ruffin, mais aucune réponse ne viendra de près ou de loin sur les financements mobilisés, alors qu’elle veut instaurer la gratuité partout, sans condition, tout en augmentant les subventions (ça ne coûte rien de le dire). Toujours les mêmes formules creuses sont lancée à la volée, sur « l’émancipation des jeunes », mais bien sûr elle évite soigneusement d’évoquer l’état déplorable des structures actuelles, hérité des décisions Piollesques.

L’attention des Verts aux équipements et structures qui bénéficient aux jeunes.

La démagogie habituelle des Verts, qui prennent décidément les Grenoblois pour des idiots prêts à tout gober.

LES ENFANTS ET LA JEUNESSE AU COEUR DE LA VILLE

Alain Carignon a été beaucoup plus clair. Après avoir dénoncé la casse sociale, culturelle et éducative des douze dernières années, il a formulé un engagement très simple mais très puissant pour la jeunesse grenobloise : « il faut faire en sorte qu’il n’y ait pas un seul jeune de moins de 18 ans qui n’ait pas d’accès à l’associatif », développant sa proposition d’un contrat avec toutes les associations sportives et culturelles, pour que chacun ait accès à une activité hors temps scolaire et que pas un enfant ou adolescent ne soit laissé sur le bord de la route. 

Pendant ce temps, Laurence Ruffin ripaillait avec Eric Piolle et Odile Barnola
LA PALME DU MÉPRIS POUR LAURENCE RUFFIN

Mais la grande leçon de cette soirée restera incontestablement l’absence de Laurence Ruffin qui au même moment préférait trinquer avec Eric Piolle et sa directrice de cabinet Odile Barnola plutôt que se présenter devant les habitants de l’Abbaye-Jouhaux pour leur répondre. La candidate des Verts se cache et évite les Grenoblois, tout comme elle évite la moindre expression concrète sur l’état de la ville : ca a le mérite d’être annonciateur de ce que serait sa posture si elle était élue en mars prochain. 

Les Grenoblois veulent-ils en reprendre pour 6 ans d’élus déconnectés, qui les fuient et fuient leurs problèmes ?