Dans un mini-documentaire, Swissinfo suit la première rapporteuse spéciale des Nations unies pour la Russie, Mariana Katzarova. Un rare aperçu de l’un des mandats les plus exigeants du système onusien.
En 2023, Mariana Katzarova a été nommée première rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains en Fédération de Russie. Sa mission consiste à documenter les violations des droits humains en Russie, y compris la torture, les détentions arbitraires, la psychiatrie punitive et la répression de la société civile. La Russie n’a jamais reconnu son mandat et refuse de lui accorder l’accès au pays.
Ce n’est pas mon histoire de persécution que je raconte. C’est celle du peuple russe
Mariana Katzarova, première rapporteuse spéciale des Nations unies pour la Russie
Dans ce nouvel épisode de CloseUp, la série de mini-documentaires produite par Swissinfo, on suit Mariana Katzarova de Genève à Bruxelles. Elle y rencontre des représentants de l’ONU et de l’Union européenne, et recueille les témoignages d’Ukrainiens et de Russes ayant survécu à la torture. Ce documentaire offre un aperçu rare du travail des rapporteurs spéciaux de l’ONU, des experts indépendants non rémunérés dont les missions deviennent de plus en plus risquées.
>> Ecouter l’interview intégrale de Mariana Katzarova :
L’interview de Mariana Katzarova / L’actu en vidéo / 16 min. / vendredi à 17:22
« Ce n’est pas mon histoire de persécution que je raconte. C’est celle du peuple russe », confie-t-elle à Swissinfo.
Une décennie à enquêter sur la Russie
Née et élevée dans la Bulgarie communiste, Mariana Katzarova a découvert très tôt ce que signifie défier un système autoritaire. Elle n’avait pas le droit de choisir son école et, plus tard, étudiante, elle a rejoint l’un des premiers journaux d’opposition après la chute du mur de Berlin en 1989. Elle est devenue la première citoyenne bulgare à étudier à la Columbia Journalism School de New York.
Son parcours l’a menée sur les lignes de front de la Bosnie, pendant le siège de Sarajevo, puis en Tchétchénie, où elle a documenté les crimes de guerre et les violations des droits humains. Chez Amnesty International, elle a passé près d’une décennie à enquêter sur la Russie, dirigeant des équipes d’investigation et publiant le premier rapport de l’organisation sur la torture dans le pays en 1997.
Aujourd’hui, en tant que rapporteuse spéciale de l’ONU sur la Russie, elle rencontre directement les survivants d’abus – des personnes LGBTQ+ tchétchènes aux prisonniers de guerre ukrainiens – qui lui livrent leur récit et des preuves médicales.
Swissinfo